Aventures dans l'Océan Indien

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Du 30 aout au 30 octobre, nous sommes partis découvrir 3 superbes îles de l'Océan Indien : La Réunion, Madagascar et Maurice.

Voici le récit de cette aventure, riche en émotions, rencontres et découvertes.

 

Lundi 30 Août

Draguignan - Envol de l'aéroport Marseille - Provence

 

14 h : Nous quittons la maison et rejoignons la gare avec RV. Cela commence bien, le train a déjà 10 minutes de retard, qui se transforme en 15 minutes. C'est le laps de temps que nous nous étions accordé pour faire le changement de train à la gare de Marseille St Charles. Un petit coup d'adrénaline et malgré notre course effréné, le TER disparaît au bout du quai à notre arrivée. Heureusement, 20 minutes plus tard, c'est un autre train qui nous amène jusqu'à Vitrolles Aéroport, la navette est là, nous enregistrons immédiatement nos sacs et passons les contrôles de police, j'ai droit à une palpation en règle, mais la grande blonde étant déjà occupée, c'est un petit brun qui s'en charge !!

Le Boeing d'Air Austral arrive de Toulouse et lorsque nous embarquons, il est à moitié vide.

Nous sommes un peu chahutés au décollage en raison du fort Mistral. Un petit kit du passager est distribué, bouchons antibruit, bandeau pour les yeux, brosse à dents, paires de chaussettes en polaire, écouteurs, tout le nécessaire pour un bon vol. Nous survolons la Corse, et un excellent repas nous est servi, un petit punch en guise d'apéritif, pour se mettre dans le bain. Un film est projeté et nous nous assoupissons en cherchant la bonne position de repos. La nuit va être courte car, avec le décalage horaire, nous perdons 2 heures de sommeil, mais nous parvenons à nous endormir.

 

 

Mardi 31 Août

Aéroport Rolland Garros, Ste Suzanne, Cirque de Salazie, Hell Bourg : 73 Kms

 

Nous nous réveillons à 6 h et un petit déjeuner est rapidement servi. Un océan de nuages sous nos ailes. Nous avons survolé la Grèce, le canal de Suez, puis longé la côte Est de l'Afrique jusqu'au canal du Mozambique. Ensuite nous avons survolé la partie nord de Madagascar pour arriver à La Réunion. Heureusement, les nuages ont en parti disparu et c'est sous un beau soleil et 21° que nous atterrissons à l'aéroport Rolland Garros, qui, comme chacun le sait, n'était pas tennisman mais aviateur.

Nos sacs récupérés, nous sortons de l'aéroport et louons une Clio, qui nous servira de véhicule, jusqu' à l'arrivée d'RV et Jackie. Nous faisons le plein dans une station  service, les pompistes existent toujours et le prix élevé du SP95 (1€44) est identique partout sur l'Île. Nous nous arrêtons au phare de Ste Suzanne, seul phare de l'Île est qui n'est plus en activité. La jeune fille de l'Office du tourisme est très agréable et se fait un plaisir de nous donner cartes et conseils avisés. Puis, nous partons voir la cascade Niagara, pour y parvenir, nous coupons au milieu de champs de cannes à sucre. C'est le moment de la coupe et les cannes de prés de 4 m de haut sont coupées à la machette au ras du sol, puis transportées dans des bennes. Les chutes sont superbes et l'endroit très bien aménagé. Nous roulons ensuite vers St André en bord de l'océan pour voit un temple Tamoul, un petit coucou à Ganéch, et nous prenons la route du cirque de Salazie. Car, La Réunion n’est pas réputée pour ces plages, mais plutôt pour ces montagnes, cirques, pics et remparts, inscrits depuis peu au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La route monte rapidement, les pentes sont escarpées, très vertes, couvertes par moments de splendides bouquets de bambous géants. Nous nous arrêtons pour voir la mare à poules d’eau. L’endroit est remarquablement organisé avec des barbecues et des abris en bois, un peu partout, car le dimanche est jour de pique-nique et les familles réunionnaises aiment à se retrouver dans la nature pour déjeuner ensemble.

De nombreuses cascades tombent du sommet des pics en fond de canyons, et c’est superbe. Nous parvenons jusqu’au village de Hell Bourg, lieu de départ de nombreuses randonnées, c’est aussi un village classé plus beau village de France et 1° d’outre-mer. Les cases créoles restaurées donnent du cachet à la rue principale. Après un repas dans un petit restaurant local, nous trouvons notre gîte pour les 2 jours à venir, c’est le petit blanc des ‘O’. La chambre est confortable et afin de mieux la tester, nous nous endormons pour une sieste réparatrice. La fin d’après-midi est consacrée à la visite des cases créoles et des superbes canyons autour du centre ville. Puis, nous rentrons, car, ici, le jour tombe rapidement et à 18h 30, il fait déjà nuit noire. Demain, réveil de bonne heure, car nous avons prévu de randonnée dans le second cirque de l’île, celui de Mafate, qui n’est accessible qu’à pied ou en hélicoptère.

 

 

Mercredi 01 Septembre

Cirque de Mafate : 67 Kms

La nuit a été très humide, heureusement, que nous avions prévu, polaires et sweet-shirts. Un excellent petit déjeuner plus tard, nous roulons en direction du col des béliers qui fait la jonction entre les cirques de Salazie et Mafate. La route est très chaotique, il y a de très fortes dénivelés et la voiture doit rouler en première pour pouvoir les franchir. Les nuages se lèvent petit à petit et nous découvrons de 1900 mètres d‘altitude, les remarquables remparts qui débouchent sur l’océan au loin. Nous laissons la voiture sur un parking surveillé non loin du col. La randonnée s’annonce bien, le cirque de Mafate se découvre sous nos pieds, pas d’accès hors mis piétons. Seul, l’hélicoptère permet le ravitaillement en tous matériaux des villages et ilets isolés au fond du cirque.

Une pensée amicale pour Gilles et Jef, avec qui, j’avais fait la diagonale des fous en 1996, 136 kilomètres et 7500 mètres de dénivelé, maintenant, il y a tellement de demandes pour faire cette épreuve que les places sont attribuées par tirage au sort. Nous débutons par une longue descente humide vers la plaine des tamarins. Le soleil est au rendez-vous et les paysages sont merveilleux, les fougères arborescentes dressent leurs grande hauteur au milieu d’une plaine aux tamarins blanchis et pour certains, couverts de lichens. De nombreux randonneurs de tous âges se promènent sur le sentier de grande randonnée, équipé au sol de rondins pour éviter les zones humides. Au bout de 2 heures, nous sommes parvenus au bout de la plaine des tamarins et nous faisons demi-tour, car les nuages venant de Salazie commencent à franchir les sommets.

La remontée s’effectue dans un épais nuage. Nos fonds de sacs sont complets et nous mettons nos caps de pluie pour éviter d’être trop trempés. Nous rejoignons notre véhicule et refaisons en sens inverse la route jusqu’à Hell Bourg. Nous croisons de nombreux cars scolaires qui ramènent les écoliers prés de chez eux. Car la rentrée scolaire est faite depuis le 18 Août ici. En arrivant sous la pluie, nous décidons d’aller visiter la maison Folio, une superbe case créole, remarquablement restaurée ouverte au public. Le jardin est recouvert de fleurs et autres essences médicinales. le guide nous explique les vertus de chacune d’entre elles. Nous rentrons au gîte sous la pluie. Un dîner au seul restaurant ouvert composé de Ti'punch, achards, poulet coco, saucisses rougailles et banane flambée et demain, nous partons vers la côte afin de visiter St Denis.

 

 

Jeudi 02 Septembre

Hell Bourg - St Denis - Dos d’Ane : 73 Kms

 

La nuit a été très bonne, entre la randonnée et le Ti’punch, pas de besoin d’autres médicaments pour s’endormir. Après un excellent petit déjeuner (encore), nous quittons le P’tit Blanc des « O », et redescendons en direction de la côte. Nous nous arrêtons au passage au Carrefour, pour quelques emplettes, les prix des produits exportés sont environ du double de la métropole. Nous y trouvons les Tintins en langue créole !! La collection va s’agrandir. Puis, nous trouvons à nous garer rapidement en bord du sentier littoral, qui longe sur plusieurs kilomètres le bord de l’océan.

Et c’est parti pour la visite de St Denis à pied. Les rues sont tracées au cordeau et nous visitons le marché touristique dont la plupart des produits viennent de Madagascar. Puis, nous longeons une grande rue piétonne, les enseignes sont les mêmes qu’en métropole. En furetant, nous trouvons le marché aux légumes ou les prix sont plus raisonnables. Nous arrivons ensuite au parc de l’Est, superbement arboré avec un immense caoutchouc, une fontaine Wallas, des palmiers colonnes et des nénuphars. Nous redescendons la rue de Paris, qui est longée de part et d’autre par de belles maisons créoles, restaurées lorsqu’elles appartiennent à l’état ou au conseil régional ou à l’abandon pour certaines d’entre elles. Nous visitons dans l’une des ces maisons restaurées, une exposition d’aquarelles sur l’Inde. L’office du tourisme également dans une belle maison créole nous permet de faire quelques photos de famille. Puis, nous retournons au bord de l’océan et nous trouvons un ensemble de petits restaurants de plein air identiques à ceux que nous avions déjà fréquentés à Tahiti. Nous découvrons les bouchons, viande entourée par une pâte, c’est excellent et cela nous cale pour la journée. Nous reprenons la route pour nous rendre à Dos d’âne, un petit bourg à 1000 mètres d’altitude.

Nous trouvons notre gîte pour la nuit. Nous dominons l’océan au dessus du Port et c’est merveilleux ! En attendant le coucher de soleil, nous sympathisons avec des randonneurs australiens et néo-zélandais qui effectuent la traversée de l'île entre St Denis et St Philippe au sud, un peu plus de 200 kilomètres en 12 étapes. Le coucher de soleil sur l'océan est superbe. Demain, nous tenterons en fonction du temps de faire une randonnée vers le cap noir !

 

 

Vendredi 03 septembre

Dos d'âne - St Paul - St Gilles : 69 Kms

 

La nuit a été calme et sereine, aucun bruit. Il a du pleuvoir toute la nuit et ce matin, c'est encore très humide. Nous voyons partir les randonneurs sous leur cap de pluie, bonne chance, car la météo n'est pas optimiste pour les 2 jours à venir. Nous tentons de partir pour le cap noir, mais le brouillard et le sol très glissant nous dissuadent de poursuivre et nous faisons demi-tour pour essayer de trouver un rayon de soleil sur la côte. Nous en profitons pour aller voir la piste d'ULM. Vol prévu la semaine prochaine. En ce moment, on peut voir des baleines au large du lagon. Une petite boucle par le tour des roches, pour voir des paysages étonnants d’enchevêtrements de rochers au milieu de la végétation. Puis, nous poursuivons vers St Paul, car c'est le jour du marché à la fois artisanal mais aussi de fruits et légumes. 

La région est très agricole et il y a de nombreux maraîchers. C'est le lieu ou il faut être et les parkings sont pleins. Mais les réunionnais sont très cool au volant, pas de coups de klaxons et ni autres signes d'énervement, tout se passe en douceur. On trouve de tout, légumes frais ainsi que beaucoup de vanille, du piment et touts les aromates de la région. L'artisanat vient pour sa grande majorité de Madagascar. Nous nous promenons au milieu de toutes ces couleurs et odeurs. A midi, nous nous laissons tenter par un vendeur de samoussas de variétés différentes. Ainsi que par des ananas Victoria. Nous allons déjeuner sur la plage de sable noir, au milieu des pigeons et moineaux, car nous n’avons toujours pas vu de mouettes. Après une visite du cimetière marin de St Paul, nous roulons à présent vers le cap La Houssaye, zone classée afin de préserver la faune aquatique du littoral. Malgré les panneaux en créole, interdisant la pêche à la ligne, de nombreux pêcheurs sont à pied d’œuvre. Nous nous arrêtons le temps d’une petite sieste sur la plage de Boucan Canot. Le soleil joue à cache-cache avec les nuages.

Une petite pluie nous fait fuir la plage et en remontant le long de la rue principale, nous croisons Florent et son amie. Comme quoi, le monde est petit, nous avions prévu de le contacter le lendemain et le hasard faisant bien les choses ... Après un pot pris sur une terrasse et une longue conversation, ils nous invitent pour le lendemain midi chez eux. Nous reprenons la route pour parvenir jusqu’au gîte de cette nuit sur les hauteurs de St Gilles. Nous sommes agressés par quelques moustiques, l’anti-moustique prévu pour Madagascar sort de son logement et rentre en jeu. Ce soir, rien de spécial et demain non plus, journée de repos chez Florent qui bénéficie d’un accès Internet, je vais pouvoir enfin mettre le blog à jour !!!

 

 

 

Samedi 04 septembre

Maïdo - St Gilles Les Hauts - La Saline : 119 Kms

 

Bonne nuit, malgré les alizés qui ont soufflés une grande partie de la nuit. Au petit déjeuner, notre hôtesse d'origine indienne nous parle des difficultés des maraîchers, ainsi que de l'implantation des 4 générations de sa famille à La Réunion.  Comme il fait un temps superbe, grâce au vent, nous décidons de monter au Maïdo, le sommet du rempart qui domine de plus de 2000 mètres le cirque de Mafate. La route est très sinueuse et nous grimpons en seconde, voire par endroit en première, vers le sommet de la caldera. En arrivant, le spectacle est magnifique, nous dominons le cirque. Les 3 cirques ont été formés par l’effondrement des 3 calderas autour du volcan initial, le Piton des Neiges qui culmine à 3070 mètres. De notre point de vue, on peut voir au delà du cirque de Salazie, l’océan coté St Benoît. Les 2 rivages en 180°. Les ilets dans le cirque de Mafate montre bien les implantations des premiers colons, surtout des esclaves évadés qui vécurent isolés à l’abri des poursuites. Aujourd’hui, encore, les seules voies d’accès pédestres sont les chemins de randonnée. De nombreux ULM survolent la paroi du rempart. Un hélicoptère effectue les ravitaillements d’urgence.

Nous redescendons vers St Gilles les hauts, afin de rejoindre la résidence de Florent qui nous attend pour le déjeuner. Il est très bien installé avec son amie, dans un appartement, face au lagon. Bon sang ne saurait mentir, et les plats préparés nous rassasient. En fin d’après-midi, nous les quittons en les remerciant pour tout. Nous recherchons notre gîte pour ce soir et trouvons une chambrette face à l’océan, au moment du coucher de soleil. Il y a même la télévision, nous allons pouvoir savoir ce qu’il se passe dans le vaste monde.

 

 

Dimanche 05 septembre

3 bassins - Trou d'eau- St Gilles : 33 Kms

Après une nuit calme, nous petit-déjeunons sur la terrasse face à l'océan, lorsqu'une baleine nous fait le plaisir de nous saluer. Elles passent pendant cette période le long de la côte. Nous partons à pied le long de sentier littoral en direction de 3 bassins. Le sentier est bien marqué par des enrochements de lave. Arrivés sur la Plage de 3 bassins, de nombreux surfeurs de tous âges profitent des superbes vagues qui emmènent sur presque 100 mètres, les plus téméraires.  Nous longeons la plage jusqu'à Trou d'eau. La plage est ombragée par des grands filaos. De nombreux débris de coraux sont rejetés par la houle sur la plage et la barrière de corail remonte en direction de St Gilles. De nombreuses familles réunionnaises arrivent petit à petit sur la plage, avec tentes, barbecues et cuiseur de riz, car traditionnellement, le dimanche est le moment ou les familles se retrouvent autour de repas pris sur des lieux de pique-nique organisés ou pas.

 Après la matinée au bord de l'eau, nous rentrons par la plage ou nous déjeunons à la cantine des surfeurs, d'un hamburger façon surf. Retour à notre chambre et en milieu d'après-midi, nous repartons pour le port de St Gilles. Nous nous arrêtons à la pompe à essence pour refaire déjà le plein. Bonne nouvelle, notre voiture de location de 226600 kilomètres consomme 14 litres au 100 kilomètres. Pas étonnant avec les dénivelés déjà avalées. Le port de St Gilles est très actif, une belle marina et de nombreuses plages de sable blanc. Une compétition de surf s'y déroule et les jeunes compétiteurs sont très performants pour certains d'entre eux. Une baleine souffle au large. Le soleil commence à descendre et nous rentrons à notre chambre pour assister au coucher du soleil. Puis, nous regardons les informations réunionnaises à la télévision. Demain, nous continuons en direction de St Louis.

 

Lundi 06 septembre

St Leu - Pointe au Sel - St Louis - les Makes - Cilaos : 107 Kms

 

Après notre petit-déjeuner en bord d’océan, nous reprenons la nationale n°1 en direction du sud. Nous nous arrêtons rapidement à l’entrée de St Leu, pour visiter le centre d’observation des tortues marines. La visite est très intéressante et l’on peut voir de nombreuses tortues de toutes sortes dans les bassins ou aquariums. 2 plongeurs en bouteille nettoient la grande vitre de l’aquarium et caressent au passage certaines tortues qui aiment se faire gratter la carapace. Jusqu’en 1998, ce centre était fournisseur de viande de tortues pour la consommation humaine, ainsi que des carapaces pour le travail de l’écaille. Depuis que les tortues sont protégées, il s’est recyclé en centre de protection de l’espèce. Nous poursuivons vers St Louis et nous arrêtons à la Pointe au sel où des fusants font jaillir l’eau vers le ciel.

 Des salines sont en production et des tas de sel attendent d’être emportés. Nous nous arrêtons de nouveau pour assister au spectacle d’un souffleur. C’est un entonnoir naturel de lave qui se remplit par le jeu des vagues et l’eau est projetée haut et fort dans un bruit de souffle. Quelques dauphins à peu d’encablure profitent aussi du spectacle. Nous traversons St Louis et grimpons sur une petit route en lacets vers la fenêtre des Makes qui offre une vue exceptionnelle sur le cirque de Cilaos. Tout le cirque s’offre à nos pieds et les remparts sont vertigineux. Au cours de la descente, nous profitons d’une aire de pique-nique remarquablement fleurie et bien entretenue. Puis nous reprenons la route principale qui monte vers Cilaos. Nous longeons d’abord la rivière et sommes bloqués durant 20 minutes par des travaux de purge des parois rocheuses. Nous redémarrons pour plus de 400 virages, un vrai plaisir, ainsi que la traversée de tunnels à une seule voie, pour atteindre le village de Cilaos. Cette route est bordée de falaises verticales et de profonds canyons. Elle monte sans arrêt jusqu’à destination.

Beaucoup d’hôtels sont fermés et la recherche d’un gîte est un peu galère. Nous finissons par trouver une chambre avec un lit. Nous dînons dans un petit restaurant du centre ville, pas beaucoup de choix, il n'y en a que 2 ouverts. Cette nuit s’annonce plus fraîche que les nuits précédentes.

 

Mardi 07 septembre

Cilaos - Roche Merveilleuse : 11 Kms

 

Finalement, la nuit a été bonne, un bon petit déjeuner plus tard, nous partons en randonnée sous le soleil, vers la Roche merveilleuse qui domine Cilaos. Le chemin est assez bien balisé et nous traversons une superbe foret de chênes. En 2002, le cyclone Dina est passé au dessus de l'île et a dévasté une grande partie des forêts du cirque. Les sous-bois sont superbes dans la pénombre. Nous parvenons enfin sur la Roche merveilleuse d’où, l’on peut d’un coup d’œil, voir sur 360°, tout le cirque, peu de nuages et le spectacle vaut le coup. Nous restons un long moment à contempler ces paysages uniques.

Nous redescendons par la route et rejoignons le centre thermal, car les thermes sont reconnues pour leur bienfait dans la région. A la découverte des sources thermales dans les années 1880, les curistes étaient montés en chaises à porteurs depuis la côte jusqu’à Cilaos. Sacré expédition. Nous changeons de gîte pour un petit hôtel plus confortable. Les nuages font leur apparition et rapidement couvrent tout le cirque. Les 10 kilomètres de randonnée nous ayant un peu fatigués, nous nous reposons une partie de l’après-midi. En ressortant vers 16h 30, nous nous apercevons que tout est fermé ou en voie de l’être. Proche du clocher, nous en profitons pleinement, car il sonne toutes les heures, plus différentes sonneries. Nous rentrons à la tombée de la nuit à 18 heures. Car, le lever du soleil se fait vers 5h30 et le coucher vers 18h15. Ce soir, nous retournons au restaurant car, il a un accès Internet en Wifi.

 

Mercredi 08 Septembre

Cilaos - St Pierre : 70 Kms

 

Bonne nuit, mais la météo n’est vraiment pas de la partie, les nuages commencent déjà à charger sur le col du Taïbit. Nous renonçons à notre randonnée, et nous plions bagages pour redescendre vers la côte. Nous refaisons donc, en sens inverse, les 400 virages. Nous ne restons bloqués que 10 minutes pour les travaux de purge de la paroi rocheuse. Nous parvenons rapidement sur la 4 voies qui, de St Louis nous emmène vers St Pierre. La capitale du Sud est charmante. Le bord de mer ressemble un peu à la croisette. De nombreux restaurants sont prêts du port de plaisance. Nous trouvons rapidement un hôtel qui nous loue une chambre de 4 pour nous deux. Nous ressortons, mais un orage éclate et nous retournons attendre patiemment.

Puis, entre 2 éclaircies, nous visitons le centre-ville, tous les magasins sont en période de soldes. La grande mosquée ne peut pas se visiter, fin de ramadan, oblige. Une pagode, un temple Hindou, l’église, les 4 religions se côtoient. Au détour d’une rue, nous trouvons le marché couvert. Il est presque vide de clients. Les marchandises viennent encore une fois de Madagascar. Retour à l’hôtel et nous reprenons la voiture pour aller au grand centre commercial, situé en bord de mer. Le parking est plein, nous en profitons pour acheter quelques souvenirs. Ce soir, dîner dans un petit restaurant en bord de mer. Demain, nous sommes invités par Jean et Hélène au Tampon.

 

Jeudi 09 septembre

St Pierre - Le Tampon : 65 Kms

 

Excellente nuit dans notre chambre de 60 m2. Petit déjeuner dans un bar au bord du lagon, c'est sympa, surtout que le soleil est de la partie. Puis, nous prenons la route du Tampon. La ville s'étale tout en longueur et beaucoup de circulation. Nous trouvons la case créole de Jean et Hélène sans difficultés. L'endroit est superbe, le jardin est un vrai jardin d'Eden, tout y pousse. Les travaux de rénovation entrepris par Jean sont spectaculaires. Nous déjeunons sous la tonnelle d'un canard fumé Ti’ Jacques, Miam !! Le temps se couvre, la pluie fait son apparition, nous partons en véhicule pour visiter la plaine des Cafres et une partie du Tampon. Ce soir, nous dormons chez Jean et Hélène et demain, direction le Sud Sauvage vers  St Philippe avec les coulées du volcan. Il y a eu d’ailleurs une secousse sismique, il y a quelques jours et une éruption du volcan est possible dans les jours à venir !!

Le chiffre du jour est 38 !!!

 

 

Vendredi 10 septembre

Le Tampon - Ste Rose : 133 Kms

 

Excellente nuit malgré les pluies importantes de la fin de nuit. Petit déjeuner, puis Jean et Hélène nous font découvrir le Sud sauvage. Nous commençons par de superbes banians au bord de l'océan, à Terre Sainte. Ensuite grande Anse, des Vacoas bordent la plage de sable. Des infrastructures accueillent tous les week-ends, les familles créoles pour de gigantesques pique-niques avec des marmites cuisant sur les barbecues.  Nous reprenons la route du littoral, pour la Marine de Vincendo, une belle anse insérée dans des falaises de basalte. Nous avions traversés St Joseph auparavant sans trouver les plus belles filles de l’île, pourtant vantées par le guide du Petit Futé. Nous parvenons ensuite au Cap Méchant. Petite pensée amicale pour Jef et Gilles, car le Cap Méchant est le lieu de départ du Grand Raid. L’endroit est magique, l’océan part à l’assaut de la côte de lave figée, les vagues se brisent avec fracas et nous restons de longues minutes pour contempler le spectacle.

Nous traversons St Philippe et nous arrêtons au puits Arabe pour voir le jardin volcanique de la coulée de lave de 1986. Les plis forment des dessins qui se fondent dans le gazon. Et nous arrivons ensuite dans l’enclos, lieu de coulée naturel du piton de la Fournaise. C’est une grande calderas entourée de 2 remparts, dans laquelle, le volcan au moment des éruptions déversent des tonnes de lave en direction de l’océan. L’occasion pour l’île de s’agrandir à chaque fois. La première coulée qui s’offre à nous est aussi la plus récente, 2007. La lave figée dégage encore des fumerolles et de la chaleur. L’endroit est impressionnant de beauté, tous les tons de noirs, rouges et jaunes se mélangent. Des veines de lave effondrées laissent découvrir les profondeurs du magma. 60 mètres de hauteur de scories par endroits. Nous poursuivons en découvrant les coulées de 2004, 2002 et 2001.  Sur ces coulées, la nature reprend ces droits. Du lichen, des herbes, des arbres repoussent au milieu des champs de lave. Jean et Hélène nous quittent pour rejoindre Le Tampon, mais nous savons que nous allons nous retrouver très vite. Nous ressortons de la caldera, pour parvenir à l’anse des Cascades, encore un endroit unique, ou des cascades plongent vers l’océan, dans un havre de paix et d’eau, avec des forêts de palmiers aux troncs jaunes. Et nous roulons jusqu’à Piton Ste Rose. C’est ici que se trouve Notre Dame Des Laves. La petite église a été le théâtre d’un événement rarissime, en 1977, une coulée de lave l’a épargnée, en l’entourant. Nous parvenons enfin dans notre auberge en bord  de mer, dans un jardin magnifiquement fleuri. Cette journée a été très riche en photos, plus de 300 à trier. Quelques heures de travail en perspective. Demain, nous continuons notre tour de l’île, pour terminer prés de l’aéroport afin d’accueillir RV et Jackie qui nous rejoignent dimanche matin.

 

 

Samedi 11 septembre

Ste Rose - Takamaka - St Denis : 141 Kms

Nuit excellente, hormis le fait que notre voisine de chambre a été très volubile dans la nuit. Réveil dés l’aube pour nous offrir un lever de soleil, car nous sommes plein Est. Petit déjeuner au bord de l’océan et nous repartons vers l’enclos, car le soleil est là et nous voudrions revoir ces coulées sous un autre jour. Et nous ne sommes pas déçus du spectacle de nouveau offert. Les couleurs sont encore plus vives et surprenantes sous le soleil. Puis, nous reprenons la route vers le nord à la sortie de Ste Rose, nous nous arrêtons sur le pont suspendu qui de 1866 à 1977 a permis le passage au dessus de la rivière de l’Est, une des plus redoutables de l’île par sa puissance, aux moments des crues. C’est un pont d’une seule voie d’une portée de 110 mètres,  construit en métropole puis assemblé sur place. Un paille en queue nous salue en glissant sur les airs.

Puis, nous arrivons à l’église de Ste Anne qui est en réfection. Elle a été reconstruite et améliorée au fil des années par la population sous les directives d’un prêtre alsacien au début du siècle dernier. Nous poursuivons vers les hauteurs de St Benoît, la route est toute en lacets et je prends un réel plaisir à piloter ma voiture, comme au bon vieux temps des chronos dans la montée de Canjuers. Les initiés apprécieront. A l’arrivée, le spectacle est magnifique, des cascades tombent de plusieurs centaines de mètres au milieu d’une végétation authentique et préservée. Il s’agit du cirque de Bébour, qui est moins connu que ces aînés. La caldera a continué à vivre et de nombreux cratères ont continué à cracher leurs laves, alors que l’érosion faisait déjà son effet sur les autres cirques de l’île. Nous redescendons vers Ste Suzanne et nous arrêtons au centre commercial. Je profite des soldes chez Décathlon. Nous reprenons ensuite la route et parvenons à trouver un hôtel, non sans mal, les travaux dans la ville de St Denis rendant la circulation un tantinet compliqué. Je profite pour faire une lessive. En fin d’après-midi, nous nous rendons à pied en ville pour retirer de l’argent à un distributeur, cela ne nous change pas la banque est Caisse d’Épargne, Provence - Alpes- Corse. En arrivant dans notre chambre, nous avons l’impression de nous retrouver en Égypte, l’hôtel jouxte une mosquée et c’est l’heure de l’appel à la prière. Demain, réveil de bonne heure afin d’aller à l’aéroport accueillir RV et Jackie.

 

Dimanche 12 septembre

St Denis - St Gilles - Bois de Nèfles : 124 Kms

 

Nuit agitée, l'hôtel accueille des migrants et ceux-ci claquent les portes, crient et jouent dans les couloirs. Nous nous rattrapons sur le petit déjeuner et quittons St Denis pour l'aéroport et dans un premier temps, nous changeons notre Clio contre une Symbol, presque neuve, 25600 kilomètres au compteur. C’est une Clio avec un grand coffre, un modèle inconnu en France. Puis, nous retrouvons RV et Jackie à l’aéroport, leur vol s’est bien passé, malgré le manque de sommeil. Nous quittons l’aéroport pour St Denis ou nous faisons le plein de Gasoil. Puis, nous prenons la route tout en lacets de la montagne afin d’avoir un aperçu de la ville vue d’en haut.

Nous poursuivons notre route jusqu’à St Paul -L’étang, un parc naturel à proximité d’un étang qui jouxte l’océan et sur l’ancien ballast de la voie ferrée. Les pique-niqueurs ont réservés leur table et leur barbecue et des odeurs de grillades emplissent le sous-bois. Nous arrivons ensuite à St Paul, nous déambulons sur la plage de sable noir en direction du débarcadère, vestige remis à neuf de l’époque ou les bateaux devaient accoster au ponton pour décharger leurs marchandises et charger le sucre. Un monument pour rappeler la période esclavagiste est érigé à peu de distance du ponton. Une course pédestre a lieu dans le centre ville, et toutes les catégories de la population y participent des plus jeunes aux plus handicapés. Nous poursuivons jusqu’à St Gilles, ou nous nous restaurons. Un cardinal, oiseau au corps rouge se laisse shooter.

Nous restons à regarder les surfeurs un petit moment. La fatigue se faisant sentir, nous rejoignons notre ferme auberge Les Géraniums sur les hauteurs de Bois de Nèfles. Le temps est mitigé, les nuages noirs se succèdent aux rayons de soleil. Ce soir, nous dînons à l’auberge, nos hôtes nous ont préparés un dîner succulent et l'ambiance est sympathique et chaleureuse. Après nous être régalés et avoir testé les Ti'punch et Rhum arrangés, nous allons nous coucher de bonne heure, car demain, réveil à l’aube, pour rejoindre dés 7h30, l’aéroport des ULM pour le survol de île.  Adrénaline en perspective !!!

 

Lundi 13 septembre

Vol en ULM - St Pierre - L'enclos - Le Tampon : 356 Kms

 

Nuit excellente dans les chambres spacieuses des Géraniums et réveil au petit matin. Petit déjeuner et nous quittons la ferme auberge, non sans avoir remercié Jean-Louis et son épouse pour leur accueil. Il est 7h et nous tombons rapidement dans des embouteillages, heureusement, que nous avions fait une reconnaissance auparavant. Nous arrivons à la base ULM chez Félix, juste à l'heure. Les appareils sont prêts et nous nous envolons chacun dans un ULM avec son pilote. Le mien est pilote professionnel, et nous volons en direction de Mafate en survolant la rivière des galets. Je suis installé derrière le siège du pilote en tandem, et il ouvre rapidement les deux cotés en plexiglas afin de mieux pouvoir prendre mes photos. Le vent s'engouffre dans l'appareil. Les paysages me sautent au visage et au viseur. C'est sublime. Nous basculons sur le cirque de Salazie, puis la plaine des Palmistes et le rebord du volcan. Nous effectuons un lent cercle juste au dessus du Piton de la fournaise, les couleurs changent en fonction du soleil, je reste muet d'admiration.

Puis, nous repartons pour le sommet de l'île, le Piton des Neiges que nous survolons avec ces 3070 mètres d'altitude. Le cirque de Cilaos est un peu dans les nuages. Nous basculons par le col du Taïbit vers Mafate puis regrimpons le rempart du Maïdo pour nous laisser glisser vers le lagon, à la recherche des baleines. Nous voyons 3 baleines sauter et fonçons vers elles. Elles sondent au moment ou nous arrivons à leur verticale et nous attendons en faisant de grands virages sur l'aile, leur réapparition. Ce qui arrive assez vite, grands moments d'émotion que d'avoir ces baleines sous nos ailes. Nous rentrons à regret en survolant la côte et le lagon jusqu'à la base ULM. C'est avec la tête dans les nuages et des images plein les yeux que je remets les pieds sur le tarmac. L'appareil photo est plein, lui aussi, plus de 500 clichés en 1h 10 de vol. Nous sommes tous les 4, aussi heureux d'avoir vécu cette expérience. L'île Bourbon s'est offerte sous nos yeux ébahis et c'est vraiment du grand spectacle !!

Puis, remontons dans notre Symbol et prenons la route du littoral. Le vent s'est levé et la houle est très importante. Nous en profitons pour retourner voir la Pointe du Sel, le souffleur et le Cap Méchant sous un autre jour avec ces paquets de mer qui se jettent en furie sur les côtes basaltiques. Les vagues hautes d'une dizaine de mètres se brisent dans un fracas assourdissant, puis projettent leurs écumes vers le ciel. RV en fait l'amère expérience en se retrouvant mouillé par l'une d'elles plus haute que les autres. Dans l'après-midi, nous roulons jusqu'à l'enclos pour voir la coulée de 2007, le nouveau cratère fume abondamment et l'espoir d'une éruption avant notre départ est toujours là. Nous roulons ensuite vers la case créole de Jean et Hélène qui nous font le plaisir de nous recevoir de nouveau pour la soirée et la nuit. Hélène a encore fait des prouesses culinaires et nous nous régalons de samoussas, bonbons piment, salade de palmistes, pintade combava (c’est une variété de citron vert) et roulé de confiture maison de papayes, le tout arrosé de rhum arrangé maison.. Que du bonheur !! Et c’est l’estomac ravi et l’esprit rempli d’images, que nous nous endormons après cette journée riche en émotions. Demain, nous poursuivons la visite du Tampon et continuons vers la plaine des Palmistes.

 

Mardi 14 septembre

Le tampon - St Pierre - Bourg Murat : 75 Kms

 

 

Nous nous réveillons au chant du coq, et prenons notre petit déjeuner. Nous ne sommes pas trop pressés et vaquons à nos occupations en attendant 10h. Nous suivons la voiture de Jean et partons pour voir l'horloge à eau, un dispositif original qui se trouve à 1600 mètres d'altitude au bord du rempart de Grand bassin dans la  plaine des Cafres. L'horloge fonctionne grâce à un dispositif de pompe et l'eau vient remplir des volumes pour inscrire les heures et les minutes. La vue sur Grand Bassin est superbe, une cascade au bas et des remparts vertigineux complètent le tableau. un monte charge permet en 20 minutes de descendre le ravitaillement du village. Le site ou nous nous trouvons est  équipé pour recevoir les pique-niqueurs du week-end. Nous nous rendons ensuite sur les terrains agricoles de la famille de Jean.

André nous accueille sur ses champs de géraniums dont il tire des huiles essentielles à l'aide d'un alambic installé sur le terrain. A quelques mètres, il a bâti un grand kiosque pour les réunions familiales. Nous poursuivons jusque chez lui ou nous sommes reçus à bras ouvert. Son rhume titre 62,5° !! Nous n'en prenons qu'une gorgée, de trop pour Jackie qui nous joue un remake comme du film " Les Bronzés font du Ski"   Bonne chance !! Puis, nous continuons ensuite vers St Pierre au marché artisanal, les filles chinent et nous déjeunons au snack du marché. Après quelques achats, nous retournons chez Jean et Hélène et rechargeons la voiture. Après des au revoir remplis d'émotion, nous continuons vers le musée du Volcan à Bourg Murat. Le site est très pédagogique et permet de mieux comprendre la tectonique des plaques et l'histoire des volcans à travers le temps. Nous quittons le musée au moment de la fermeture et trouvons nos chambres d'hôtes pour les prochaines 48 heures. Nous sommes dans une vallée sur la route du volcan et les paysages ressemblent aux vallées des Alpes. Ce soir, nous allons nous coucher de bonne heure, car demain, nous nous levons à 6 h pour aller dans le cratère du piton de la Fournaise. Il fait à peu prés 4° dehors et hier matin, il gelait! Brrrr !!!

 

Mercredi 15 septembre

Piton de la Fournaise : 70 Kms

 

Nous avons dormis emmitouflés sous la couverture et l'édredon du lit. Ce matin, tout est humide et trempé à l'extérieur mais le soleil semble vouloir se montrer. Nous prenons notre petit-déjeuner et à 7 h, nous prenons la route pour le pas de Bellecombe, le parking avant de pouvoir descendre sur le cratère.

Nous grimpons dans des forêts de cryptomerias superbes, mais dans les nuages et ce n’est que lorsque nous arrivons en vue de la plaine des Sables que les nuages se dissipent. L’endroit est lunaire ou martien, car des films ont été tournés à cet endroit sur la conquête de Mars. Les couleurs rouge et ocre dominent. La route carrossable se termine aussi à cet endroit et nous poursuivons sur une piste en terre heureusement praticable. Nous découvrons rapidement le parking et les nuages refont leur apparition. Il fait froid et humide, et c’est après avoir mis polaire et coupe-vent que nous descendons dans la brume. Nous parvenons au Formica Léo, nom du premier cratère, qui est tout en couleur au milieu des laves figées. Nous progressons le long d’une ligne de pointillés blancs en direction de la chapelle de Richemont, au début de la pente vers le sommet du Dolomieu. La progression est lente au milieu des différentes formes de magma. Beaucoup de randonneurs empruntent le même chemin. Arrivés à la chapelle, qui est en réalité, une fontaine de lave figée, nous nous restaurons puis faisons demi-tour. Nous trouvons quelques cailloux aux formes et couleurs intéressantes qui terminent dans nos sacs à dos. La remontée vers le pas de Bellecombe se fait à petits pas.

 Nous reprenons la voiture qui a changé de couleur avec la poussière. Nous nous arrêtons au cratère du Commerçon, qui est impressionnant tout en profondeur au bord du rempart. Il est tombé 6,3 mètres d’eau au m2 en 1980, lors d’un cyclone, établissant un record du monde. Ceci explique aussi la rapidité de l’érosion. Nous poursuivons vers la plaine des Palmistes, mais elle est sous les nuages, nous rentrons à notre gîte pour une récupération bien méritée. Ce soir, nous dînons sur place et le repas s’annonce encore succulent à en juger par les odeurs de cuisine qui nous parviennent, gratin de choux-fleurs, cary de canard, rougaille tomate, riz aux grains et banane flambée. Demain, nous retournons sur St Denis, dernière journée à La Réunion avant notre envol pour Madagascar, la grande île.

 

Jeudi 16 septembre

Bourg Murat - Takamaka - St Denis - St André : 163 Kms

 

Bonne nuit, couchés à 20h30, nous n'avons commencé à entendre les chants des coqs qu'au petit matin. Petit matin frisquet d‘ailleurs, la voiture est toute givrée !! Le radiateur électrique a fonctionné toute la nuit. Mais le soleil est là et les nuages ont disparus, belle journée en perspective. Petit-déjeuner copieux et nous prenons la voiture, après l'avoir mise au soleil pour qu'elle dégivre, en direction de la Plaine des Palmistes. Le village est très beau et nous en profitons pour visiter l'église et faire un retrait à la Banque Postale. Puis, nous descendons de la montagne jusqu'au littoral et remontons à Takamaka. Le site est toujours aussi impressionnant bien que de nombreuses cascades soient taries.

Nous redescendons jusqu'au village de St André et laissons nos bagages au gîte retenu pour la nuit. Nous reprenons la route pour St Denis et nous nous garons au parc du Barachois. Nous retrouvons notre baraque à bouchons du premier jour ainsi que les mêmes convives, l'île est petite.  Puis, nous déambulons le long de l'avenue de la Paix, ces belles maisons créoles, ces musées et artothèques pour parvenir au jardin de l'État. Nous rebroussons ensuite chemin et reprenons la voiture, à qui nous faisons une beauté dans une station service en prévision de la réintégration de demain. Notre route passant par le centre commercial, nous profitons encore des soldes chez Décathlon, pour nous rhabiller en chemisettes. Nous terminons dans notre gîte très accueillant. Le repas du soir est classique pour la Réunion, samoussas, bouchons, salade, carry de poulet, riz et lentilles et ananas en dessert. Nous rentrons rapidement dans nos chambres afin de préparer les valises pour le transport aérien de demain. Car, nous prenons le vol de 11h 40 en direction d’Antananarivo, la capitale de Madagascar. Nous quittons l’Île Intense pour l’Île Rouge. Ce séjour à La Réunion aura été très agréable, avec beaucoup de plaisir et d’émotions devant la beauté des paysages.

Une nouvelle aventure débute.

 

Vendredi 17 septembre

St André - Aéroport de La Réunion  - Aéroport de Tananarive - Tananarive : 67 Kms

 

La nuit a été agitée, à croire que toutes les basses-cours de La Réunion se sont données le mot. Cacophonie toute la nuit, Nange a due sortir ses bouchons antibruit. Nous quittons le gîte après un excellent petit-déjeuner, direction l’aéroport Rolland Garros. Évidemment, nous tombons dans l’embouteillage de la rentrée des écoles, mais nous arrivons dans les délais pour rendre le véhicule de location et la réintégration se déroule sans problèmes. Nous enregistrons nos bagages puis passons le contrôle, pour arriver en zone d’attente, sans encombre. 

Le vol est à l’heure et nous embarquons sur un ATR72, avion avec des hélices. Le vol dure 2 heures et nous reculons nos montres d’une heure pour nous mettre à l’heure locale.  Le personnel de bord d’Air Austral est particulièrement agréable et le repas servi, copieux pour une collation. Nous survolons Madagascar. Les paysages sous nos ailes sont arides et secs et tout en collines rouges. Atterrissage  puis nous passons les formalités et sommes bien attendus par notre guide et son 4X4 Toyota. Un passage au change et nous sommes tout à coup millionnaires en ariary, la monnaie malgache. Notre guide Lanto, nous fait découvrir Antananarivo, la capitale. 2 millions d’habitants et la pauvreté saute tout de suite aux yeux. Malgré tout, les gens restent souriants et nous saluent d’un geste de la main. Pas de mendicité apparente, plein de marchés et de petits métiers, tout se vend et s’achète. La circulation est dense, peu ou pas de panneaux de signalisation. Les taxis de couleurs jaunes sont des 4L ou des 2 Chevaux en état de rouler. Nous avons l’impression de voir un musée automobile sur roues. Nous faisons un grand tour de la ville puis nous arrivons à notre hôtel aux grandes chambres, tout confort et au calme. Comme nous sommes en demi-pension, nous dînons au restaurant, le repas est excellent et nous goûtons des brochettes de zébu, la viande locale qui est très tendre.

Demain, nous roulons en direction d’Antsirabe, en route vers le sud.

 

 

Samedi 18 septembre

Tananarive - Antsirabe : 183 Kms

Nous nous réveillons de très bonne heure, à 5 heures, j'en profite pour me connecter et mettre le blog à jour, avant le petit-déjeuner. Puis, à 9 heures, nous prenons la route nationale 7. La traversée de Tananarive est toujours remplie d'embouteillages. Dans les banlieues, nous croisons des troupeaux de zébus en attente de passer à l'abattoir. Des rizières sont en cours de repiquage, bien que cela ne soit pas encore la période. La saison ne commençant que courant octobre avec l'arrivée de la saison des pluies. Des grandes parties de terrain sont occupées par les fabricants de brique, qui les vendent ensuite sur place, une fois la cuisson terminée. Tananarive est à 1300 mètres d'altitude et nous traversons des paysages de collines déboisées. La latérite est présente partout. Madagascar est devenue l'île rouge suite aux déboisements intensifs. Le charbon de bois est la seule ressource pour la cuisson des aliments, et les reboisements ne sont pas suffisants pour permettre à l'île de redevenir l'île verte, comme elle était à une époque. Toutes les surfaces sont agricoles et tout poussent sur ces terrains.

Nous croisons des villages ou il y a des mariages, comme tous les samedis, l'occasion de revêtir ces plus beaux habits pour la circonstance. Les taxis brousse qui font la ligne vers Antsirabe sont pris d'assaut, les bagages sont accrochés sur les toits et les passagers entassés sur les sièges. Heureusement que nous avons renoncé à ce mode de transport pour Madagascar. Nous doublons des charrettes chargées au maximum tantôt tirées par des couples de zébus ou par des bicyclettes, voir par des hommes. Nous visitons un centre scolaire, sponsorisé par Orange, et qui doit être inauguré mercredi prochain, le responsable se fait un plaisir de nous faire faire le tour de cette belle réalisation pour des élèves difficiles. Nous nous arrêtons pour le déjeuner et goûtons des steaks de zébus. Nous reprenons la route et les paysages changent, nous arrivons sur les hauts plateaux, les rizières sont en train d'être préparées pour les futures plantations. Les sols sont retournés à la main avec une longue pelle étroite sur presque 20 centimètres de profondeur.

En attendant le riz, des carottes, des choux sont récoltés sur les mêmes emplacements. Les malgaches sont tous très souriants, viennent nous voir sans rien réclamer juste un sourire en retour. Nous nous arrêtons chez un fabricant de cocotte en aluminium qui est l'ustensile de base de la cuisson malgache, c'est vraiment artisanal, mais efficace. Nous parvenons à Antsirabe, la ville est réputée pour être la plus froide du pays, avec même des gelées nocturnes en hiver. C'est aussi la capitale du pousse-pousse. Nous montons dans 4 pousse-pousse pour faire la visite de la ville et des rues commerçantes autour du grand marché. Nous plongeons au cœur de la population. Il y a du monde partout, les regards sont surpris ou amusés, sans hostilités. Un arrêt chez un fabricant d'outils et de décoration en corne de zébus et nous terminons par une course effrénée de nos tireurs à coté de la gare. Car la voie ferrée est encore utilisée pour le transport de marchandises, de temps en temps. Nous dînons de viande de zébus, puis allons nous coucher, car, demain, une longue étape nous attend de plus de 200 kilomètres et nous quittons la nationale 7 pour des routes plus cabossées.

 

Dimanche 19 septembre

Antsirabe - Miandrivazo : 229 Kms

 

L’hôtel est resté bruyant une grande partie de la nuit et le réveil a été très matinal, nous avons adopté le rythme malgache avec le soleil. Avant de quitter Antsirabe, nous nous rendons chez un concepteur et fabricant de miniatures, ces réalisations sont superbes et faites avec les moyens du bord : fils électriques,  câbles et gaines de frein de vélo, cuivre électrique, c’est ingénieux. il nous fait une démonstration de fabrication de roues pour un vélo. Nous achetons une reproduction de pousse-pousse.

A la sortie, des enfants nous demandent des stylos, nous leur en donnons et comme notre réserve est épuisée, nous nous arrêtons dans un magasin pour racheter des stylos et des crayons de papier. RV lit la presse locale et nous prenons la nationale 34 en direction de Miandrivazo. Sur les bas-côtés de celle-ci, des centaines de personnes endimanchées se rendent en direction de l’église. Chacun a fait un effort de toilettes et les plus beaux costumes et chapeaux sont de sortie. Nous poursuivons sur les hauts plateaux, le paysage est identique à celui de la veille, des rizières et beaucoup de culture, orge, blé. Plus nous avançons et plus le paysage devient aride et sec. Les fonds de thalwegs humides sont verts de plantation, bananiers, riz. Mais sur les collines, il n’y a plus que de l’herbe sèche. Qui brûlent par endroits, afin de régénérer le sol et permettre la repousse d’herbes tendres pour les zébus que nous croisons par dizaines. La terre est rouge et des maisons en torchis de petites tailles apparaissent. L’habitat est moins dense et nous croisons, seuls, sur la route des piétons ou des cyclistes qui se rendent ou reviennent du prochain village. Puis, le paysage se fait plus vert à l’arrivée vers notre destination. La rivière est la et toute la plaine est verdoyante. Il fat très chaud car nous arrivons au village malgache le plus chaud, après avoir vu le plus froid. Nous déjeunons d’une entrecôte de ..... zébus. Puis, sieste dans de petits bungalows rustiques mais fonctionnels, Moustiquaires au-dessus des lits, car les moustiques sont nombreux dans cette région. Demain, nous effectuons durant 2 jours, la descente du fleuve en direction de l’océan, sur un chaland, ambiance Crocodile Dundee et nos premiers lémuriens sont attendus.

 

Lundi 20 septembre

Miandrivazo - Descente de la Tsiribihina : 91 Kms

Nuit sous moustiquaire, mais sans moustiques, tant mieux. Sitôt le petit déjeuner pris, nous remontons dans le 4X4 (Toyota Land Cruiser de 373500 kilomètres avec un 6 cylindres en ligne de 4,2 litres, J-Bernard appréciera !!), nous visitons le marché de Miandrivazo, beaucoup de matériels viennent de Chine, comme la route que nous empruntons pour nous rendre à l’embarcadère. Une courte partie en piste nous met dans le bain de la suite de notre parcours terrestre, mais pour le moment, nous arrivons au village proche de la rivière. Petite vérification administrative des passeports, permettant à la commune de percevoir un droit de passage, avant de rejoindre la rivière ou attendent les chalands. Les enfants du village guident notre chauffeur dans le dédale des pistes sablonneuses, et s’agrippent à la roue de secours. Un dernier franchissement de dunes et de mares et nous parvenons au bord de l’eau.

Le chaland est assez spacieux, c’est une grande barque métallique, avec une salle à manger, une petite cuisine et la partie moteur et navigation, un solarium est aménagé sur le toit de la salle à manger. L’équipage se compose d’un capitaine, 2 mousses, une cuisinière et une guide. Notre chauffeur rejoint le point d’arrivée par la piste et nous attendra à Belo sur Tsiribihina. Car le fleuve que nous descendons pour les 3 prochains jours se nomme la Tsiribihina. Nous sommes en fin de saison sèche et le niveau de l’eau est très bas. Nous nous en apercevons dés le départ, après avoir embarqué la nourriture et nos bagages, les 2 mousses se mettent à l’eau, qui leur arrive aux genoux et poussent le chaland au milieu des bancs de sables. Le tirant d’eau n’est que de 50 centimètres. Et il faut une solide expérience pour naviguer au milieu des bancs de sables qui changent continuellement de place. Nous parvenons dans une zone d’eau plus profonde et notre croisière peut commencer. Malgré le son du moteur, les paysages sont pleins de charmes, beaucoup d’oiseaux, canards sauvages, aigrettes, hérons. Nous suivons une vallée tantôt encaissée, tantôt ce sont des plaines de sables. Le niveau descendant, les berges sont aussitôt investis par des plantations de riz. Des villages provisoires de cases s’installent le temps de la pousse et de la récolte du riz. Dés que les pluies reviendront en novembre, les sols seront abandonnées et les cases reconstruites sur les berges en hauteur. Beaucoup d’enfants jouent au bord du fleuve. au bruit de l’arrivée du bateau, ils se précipitent en criant «  Vazaha » et saluant de la main.

Tout à coup, un jeune crocodile se met précipitamment à l’eau à notre passage. Car, ce fleuve en a encore beaucoup, bien qu’en période sèche, les sauriens soient plus du côté de l’embouchure. Pour le déjeuner, notre cuisinière déploie des trésors d’ingéniosité pour nous faire des plats succulents. Pour la sieste, mon hamac reprend du service, sous les yeux étonnés de l’équipage. Dans l’après-midi, le vent devient plus fort et j’en profite pour faire voler le petit cerf-volant qui m’accompagne sue tous les continents. En fin d’après-midi, nous nous arrêtons prés d’une cascade. Au bord du rivage, un arbre dans lequel des lémuriens jouent et mangent des feuilles d’arbres. Un jeune vient prés du tronc et se laisse photographier. Nous arrivons à la cascade, l’eau est tellement claire et chaude que nous ne résistons pas et avec RV, nous nous plongeons dessous. Réminiscence de Polynésie. Notre lieu de bivouac est juste en face. Le vent forcissant encore, je sors le grand cerf-volant et c’est la limite de ces possibilités, il me fait décoller une ou deux fois. L’équipage part chercher du bois pour ce soir et la cuisinière s’affaire derrière les marmites. Les deux tentes sont montées à proximité. Nous invitons tout le monde à finir la bouteille de Ti’punch ramenée de La Réunion. Dîner excellent avec du zébu. Une poule caquette dans la cuisine, nous savons le menu du lendemain. Après le repas, nous nous retrouvons tous autour du feu de camp, un bidon en plastique sert de percussion et nous passons la fin de soirée à chanter et à danser. Puis, nous allons nous coucher sous nos tentes, l’équipage dormant sur le bateau. Demain, poursuite de la descente de la Tsiribihina.

 

Mardi 21 septembre

Descente de la Tsiribihina ( suite) : 70 Kms

 

Le vent est tombé dans la nuit et nous avons relativement bien dormis. Ce matin, décrassage à la lingette et après le petit-déjeuner, nous reprenons le flux de l’eau. Les bords de la rivière s’animent avec les pécheurs qui ont mouillés leur filet et frappent l’eau pour attirer les poissons dans leurs mailles. Les femmes se lavent nues tout en faisant leur lessive et les enfants chahutent en sautant dans l’eau. Nous nous arrêtons pour observer des grandes roussettes, chauve-souris accrochées sur une paroi au dessus des flots.

Et nous parvenons dans un petit village, que nous allons visiter. Des pirogues embarquent des ballots de tabacs et des sacs de riz sont débarqués à leur tour, dans un ballet de carrioles attelées avec des zébus. Des enfants prennent Nange et Jackie par la main et nous parvenons jusqu’à l’école ou l’instituteur nous parle de ses difficultés matériels pour la prochaine rentrée scolaire de début octobre. Certaines classes n’ont pas de mobiliers et les enfants sont assis sur le sol. D’autre part, un décès a eu lieu dans le village, ce matin, un jeune garçon est décédé de maladie, après avoir mangé quelque chose d’empoisonné. Tous les membres de la famille sont à la case mortuaire pour accueillir les visiteurs, la nouvelle s’étant propagée rapidement. Ici, pas de téléphone, pas d’électricité et pas d’eau courante. 2 villages sont en guerre pour des problèmes de « Satan » et une bande armée les a attaqués récemment pour voler les troupeaux de zébus en faisant un mort. Petite chronique d’un village malgache oublié. Nous retournons au bateau et donnons les quelques stylos et crayons que nous avions achetés à Antsirabe en regrettant de pouvoir faire plus. Nous repartons le cœur un peu gros. Les enfants sont attachants et les possibilités d’aide sont énormes.

Nous reprenons le fil de l’eau, les paysages changent un peu, les collines sont basses, les champs de maïs et d’arachides font leurs apparitions. Le capitaine zigzague, changeant d’une rive à l’autre. Le niveau d’eau est minimum et par moments nous nous arrêtons pour trouver un niveau plus important. Les mousses jouent de la gaffe ou du muscle pour nous remettre dans l’eau vive. Un petit atelier Scoubidou est organisé sur la table de la salle à manger. Nous stoppons prés de pécheurs et quelques poissons-chats sont négociés pour le repas du soir. Les premiers baobabs font leur apparition, majestueux. Des pirogues font traverser la rivière aux habitants d’une rive à l’autre. Car, il n’y aucun pont sur cette partie du fleuve. En fin d’après-midi, nous parvenons à notre lieu de bivouac. Une forêt de baobabs est à proximité et nous partons à sa rencontre. Les arbres sont superbes dans ce coucher de soleil. Il existe six variétés de baobabs, de part le monde et les six poussent sur la grande île contre une seule en Afrique. Un malgache travaillant au débroussaillage du site, nous sert de guide. Nous retournons au bateau et montons nos tentes en prévision de la nuit qui tombe. Les poissons-chats sont succulents avec des pommes de terre grillées à souhait. Un petit groupe, composée de 5 jeunes filles et d’un petit garçon, accompagné à la guitare par leur père, vient faire une démonstration de danse Sakalava, l’ethnie majoritaire dans la région. Les enfants font de leur mieux et les chants sont entraînants. Nous terminons la soirée en dansant tous ensemble. La lune est presque pleine et nous partons nous coucher avec encore des chants plein la tête. Demain matin, nous poursuivons notre descente avant d’arriver à Belo sur Tsiribihina ou nous devons retrouver notre chauffeur et son 4x4.

 

Mercredi 22 septembre

Descente de la Tsiribihina - Belo sur Tsiribihina  : 32 Kms

 

Nuit calme, mais ce matin, grosse surprise, nous sommes dans le brouillard complet, et nous devons attendre 8 heures que celui-ci se lève pour pouvoir lever l’ancre, après le petit déjeuner. Nous gagnons au change par de superbes photos. La descente se poursuit au rythme du courant. La vie quotidienne au bord du fleuve reprend ces droits, baignades, lessives. Le fleuve s’élargit et nous parvenons au terme de notre navigation. Des pirogues accouplées font office de bacs pour faire franchir les véhicules d’une rive à l’autre. A cause du vent, un matelas de mousse du solarium tombe à l'eau, peu avant notre arrivée, le capitaine commence un rond dans l'eau pour le récupérer et un des mousses saute à l'eau et se cogne la tête sur la coque à l'avant du navire, nous prenons la gaffe et avec RV, nous ramenons à bord le matelas, car le mousse a pu se raccrocher au bastingage et se hisser au niveau de la cuisine. Ouf, plus de peur que de mal. Nous quittons notre équipage en les remerciant pour leur gentillesse et leur compétence.

Lanto est bien là et nous emmène jusqu’à notre hôtel. Nous profitons de cet après-midi, pour remettre en état nos habits et surtout gérer les photos et les textes du blog. Nange est Jackie vont faire un tour au marché local avec notre guide et les membres de l'équipage rencontrés par hasard. Un superbe coucher de soleil rouge nous salue. Nous dînons au restaurant de succulentes gambas et camaron en brochettes, c'est divin !! Et demain, nous reprenons la piste pour rejoindre Bekopaka.

 

Jeudi 23 septembre

Belo sur Tsiribihina - Bekopaka : 99 Kms

 

La nuit a été agitée autour de l’hôtel, musique, cris, chants de coqs, chiens, appels à la prière, bref que du bonheur !! Nous reprenons la route ou plutôt la piste. Nous faisons connaissance avec un métropolitain qui est né et a vécu de longues années sur Madagascar. Il fait avec son épouse le tour de la Grande Île avec une 2 chevaux de couleur jaune depuis Nosy-Be au nord. Il a déjà fait 1900 kilomètres et a emprunté la piste que nous prenons ce matin, en direction de Bekopaka.

Une belle piste à chars, de la tôle ondulée, de beaux passages encaissés, nous croisons de nombreux 4x4 qui repartent vers notre point de départ. Quelques villages isolés, des rizières et de tant en tant des carrioles qui prennent le même chemin. Nous parvenons après 90 kilomètres et 4 heures de route au bac de Bekopaka sur la rivière, il est 12h 04 et le bac gouvernemental est fermé jusqu’à 13h30. Nange en profite pour faire découvrir les marionnettes à de jeunes enfants sur le bord de la route. Puis, nous allons nous désaltérer à une petite gargote en bord de l’eau. Les filles sont superbement bien coiffées et nous leur enverrons les photos prises par mail. Le bac arrive enfin et nous franchissons la rivière avant de parvenir jusqu’à notre gîte. Nous sommes logés dans de superbes bungalows, pour les 3 prochains jours. Pas d’électricités, juste un groupe électrogène de 18 h à 22 h. Et demain, nous allons visiter les Tsingys, un ensemble karstique unique au monde.

 Le punch local est excellent !!!!

 

Vendredi 24 septembre

Parc National de Tsingys de Bemahara : 36 Kms

La nuit a été excellente, un calme olympien, dés que le groupe électrogène de secours situé juste derrière notre bungalow s’est arrêté . Petit-déjeuner et notre guide du parc, Tivi nous attend pour prendre la route vers le parc national. Après 1 heure de 4x4 sur des pistes particulièrement cassantes, nous laissons le véhicule et prenons une piste en direction des Tsingys. C’est un véritable chaos de roches calcaires sculptées qui compose l’un des plus fascinants paysages de la Grande Île. L’érosion depuis des centaines de milliers d’années a creusé un dense réseau de failles, crevasses et canyons. Pendant ce temps, la pluie en érodant le sommet calcaire du massif, a formé à la longue ces étranges crêtes aiguisées comme des cathédrales d’orgues discordants. Dés l’entrée dans la forêt, nous observons une famille de lémuriens en train de dormir, puis, une centaine de mètres plus loin, un lémurien nocturne aux grands yeux se laisse photographié avant de disparaître soudainement dans un tronc. Encore une centaine de mètres et nous découvrons 5 lémuriens blanc au masque noir qui bondissent d’arbres en arbres. Nous sommes vernis. Nous poursuivons, puis une espèce d’oiseau à la tête bleue vient tout prêt de nous sans crainte.

Nous arrivons au pied des Tsingys et nous nous équipons avec des baudriers, car le parcours est sportif et l’assurance aux câbles tendus, obligatoire. Nous pénétrons dans une grande caverne, avant de suivre un passage étroit, des échelles métalliques et des mains courantes nous permettent de nous retrouver sur une plate-forme au sommet de cette partie du plateau. C’est absolument superbe. Les crêtes sont coupantes, rongées par les pluies. Nous profitons du spectacle, puis, nous empruntons un pont suspendu en bois au dessus d’un canyon. Une autre plateforme d’ou nous observons le vol d’un aigle aux ailes blanches et nous redescendons par des galeries ou nous devons rampés, parfois sans beaucoup de visibilité. Nous parvenons à une grande cathédrale de roches et nous arrêtons pour une petite collation bien venue. Un petit oiseau pas farouche se pose prêt de nous. Nous poursuivons en passant dans une dernière caverne avec les lampes frontales et nous arrivons de nouveau dans la forêt. Tout à coup, nous faisons silence, une famille de lémuriens blancs et juste au dessus de nous et une femelle a un bébé de quelques jours qui s’agrippe à elle. Magnifique !! Un petit bonjour à l’oiseau à tête bleue qui semblait attendre notre passage. Et nous observons un couple d’une autre espèce de lémuriens nocturnes, lorsque nous voyons que la femelle a un bébé également de quelques jours, une minuscule boule de poils. Nous quittons la forêt pour rejoindre notre 4x4, encore émerveillés de tous ce que la nature nous a permis de contempler aujourd’hui. Ce soir, dîner au gîte et demain, nous faisons la descente de la Manambolo en pirogue, dans les gorges.

 

 

Samedi 25 septembre

Rivière Manambolo : 19 Kms

 

Nuit sereine et aussitôt après le petit déjeuner, nous rejoignons en 4x4 le bord de la rivière Manambolo où nous attend Tivi, notre guide du parc national. Nous embarquons dans une pirogue accouplée, pour plus de stabilité et nous partons à contre courant vers les gorges qui se trouvent juste à coté. Les sauriens hibernent, donc, pas de soucis de crocodiles. Après quelques minutes de navigation, nous nous arrêtons pour visiter l’intérieur d’une caverne. A la saison humide, ces grottes servent de lieu de refuge pour les crocodiles. La grotte est assez étroite et sans grand intérêt. Nous repartons vers les sépultures du peuple Vazymba, premiers habitants de la région. Les ossements sont dans une anfractuosité de la falaise et les autochtones continuent à y faire des offrandes et demander l’avis des défunts pour la vie quotidienne.

Puis nous descendons de notre pirogue pour poursuivre à pied de bancs de sable en bancs de sable. Un petit oiseau blanc se livre à une danse nuptiale juste devant nous. Nous arrivons à la berge ou nous allons commander notre déjeuner avant de repartir avec notre guide vers les petites Tsingys, un ensemble karstique de petite taille par rapport à celles d'hier mais c'est un véritable labyrinthe très agréable à parcourir, des plateformes aménagées permettent une vision complète du site. Une partie du site est inondé en période de pluies et des flaques d'eau sont visibles en partie basse. Nous sortons du labyrinthe et nous voyons aussitôt des lémuriens blancs en train de dormir sur les arbres. A peu de distance, une famille de lémuriens roux se regroupe autour de la femelle principale qui a un petit sur elle. C'est superbe, nous passerions des heures à les observer et eux aussi. Puis, nous arrivons au terme de cette découverte et nous déjeunons tous ensemble dans un petit restaurant local. Le poulet grillé est de course probablement. Nous rejoignons notre bungalow pour une sieste bien méritée. L'après-midi est consacré au repos et au .. repos. Nous dînons au restaurant et demain, nous partons de très bonne heure pour prendre le bac à 6h30. 200 kilomètres de piste pour rejoindre Morondava et son allée de Baobabs à prendre au soleil couchant.

 

 

Dimanche 26 septembre

Bekopaka - Morondava : 192 Kms

 

Réveil avant le soleil, car nous voulons être les premiers pour prendre le bac de Bekopaka. Dés 6H15, nous roulons dans le petit matin, vers la rivière et arrivons en premier pour franchir avec le bac. Puis, nous refaisons en sens inverse la piste chaotique en direction de Belo sur Tsiribihina. Quelques oiseaux ponctuent notre chemin. A l'arrivée, nous trouvons la ville en fête, drapeaux partout, banderoles. Car le président de la République est venu inaugurer aujourd'hui, le bac gouvernemental sur le fleuve, en plus des 2 bacs privés déjà existants. Nous déjeunons remarquablement au restaurant, puis nous prenons le bac qui est une aventure à lui tout seul.

L'embarquement et le débarquement des véhicules se font dans des conditions très précaires. Heureusement, nous finissons par débarquer et nous prenons la piste en direction de Morondava. Celle-ci est tantôt très roulante, tantôt creusée à souhaits. Nous traversons des forêts de baobabs, plus magnifiques les uns que les autres. Le baobab amoureux est l'occasion de photos. Puis, nous parvenons à l'allée des baobabs, ou il faut être au moment du coucher du soleil et c'est vraiment un spectacle unique et extraordinaire. Nous poursuivons vers Morondava de nuit, sur une route plus creusée de trous que la piste de l'après-midi. Nous rejoignons nos bungalows en bord de mer. Nous profiterons du lieu demain, pour le moment, un peu fatigués, nous allons nous coucher après un repas pris au restaurant. Demain, après les vérifications sur le véhicule, nous prendrons la route du bord du golfe du Mozambique en direction de Belo sur Mer ou nous y resterons 2 jours.

 

Lundi 27 septembre

Morondava - Belo sur Mer : 104 Kms

 

Nuit courte, car la bande passante est si lente que je me suis couché à 01heure du matin, afin de mettre le blog à jour. Dés le réveil à 6h30, nous sommes sur la plage pour prendre quelques photos. Le ciel est couvert, mais le soleil arrive rapidement. Après le petit-déjeuner, nous préparons nos bagages en attendant que Lanto revienne, car le pot d'échappement doit être ressoudé. Nous profitons du sympathique bungalow et de ses sièges face au golfe du Mozambique. Des pirogues font une régate sous les applaudissements des spectateurs, massés sur la plage. Au retour du 4x4, nous embarquons et faisons une petite halte au marché local, j'achète un sac de riz pour protéger nos sacs qui souffrent de la poussière des pistes et un petit tournevis pour réparer mon appareil photo qui donne des signes de faiblesse.

Puis, nous prenons la piste vers Belo sur mer, un ancien nous prévient que la route est difficile et assez rapidement, nous nous trouvons face à  une belle mare recouverte de pailles de riz. En fait, les rizières sont en cours de remplissage pour le repiquage qui commence. Lanto se renseigne auprès d'un jeune qui nous regarde, puis démarre et nous nous plantons au milieu de la mare. le sol est si meuble que les tentatives de sortie  nous enfoncent jusqu'au pont. Aussitôt, sortit de nul part, une bonne quinzaine d'hommes, qui travaillaient dans les rizières nous rejoignent. Au bout d'une demi-heure de pelletage, de pose de branches et de feuilles de cocotiers, nous quittons le véhicule en pleine mare de boue. Tout le monde plaisante et s'est dans cette ambiance sympathique et une bonne poussée en marche arrière que le 4x4 est sorti de cette ornière. Le 4x4 et nettoyé à grandes brassées d'eau. Nous prenons un de nos sauveteurs à bord pour nous guider dans un dédale de piste, afin de retrouver la bonne. Nous remercions généreusement nos sauveurs et reprenons la piste qui devient rapidement une piste très étroite en sable mou et cela va durer 100 kilomètres. Sans panneau de signalisation, au milieu de nulle part, c'est tout de même la seule et unique route qui mène à Belo sur mer.

Nous passons plusieurs gués, dont certains très profonds. Le paysage est fait de superbes baobabs, quelques rizières et beaucoup de mares asséchées en attente de la saison des pluies. Nous déjeunons sur le capot du 4x4 d'un repas emporté du dernier restaurant, et qui nous cale. Nous arrivons enfin sur de grandes surfaces sablonneuses qui sont des salines en exploitation. Nous trouvons nos bungalows en bord de mer, spacieux, tout en bois, roseaux et palmes. C’est superbe. Nous déambulons le long de la plage vers le petit village de Belo sur mer, des festivités sont en préparation, une sono envoie des décibels de musique malgache. Demain, un boutre tout neuf doit être mis à l'eau, il doit assurer les liaisons de ravitaillements, car le village est fréquemment coupé du reste du monde, lors des cyclones ou des grandes marées. Le groupe électrogène vient de se mettre en route et j'en profite pour gérer les photos et le blog. Demain, bulle à Belo sur mer, nous ne reprenons la piste qu'après-demain pour une très longue étape de 260 kilomètres de pistes, cela promet !!

 

Mardi 28 septembre

Belo sur mer : 6 Kms

 

Nuit calme, le ressac nous a bercé toute la nuit et ce matin, nous sommés réveillés par des chants. Des pirogues amènent au cimetière Vezo dans la mangrove, des croix bénies la veille par le curé. Aujourd’hui est un grand jour pour le village car un boutre va être mis à l’eau. Le peuple Vezo, les pécheurs et le peuple de la forêt qui a fournit le bois sont présents. Les 2 ethnies vivent côte à côte mais ne se mélangent qu’à de rares occasions, et la mise à l’eau d’un boutre construit durant toute une année sur la plage est une de ces occasions. Sitôt le petit déjeuner pris, nous partons le long de la plage vers le lieu de mise à l’eau. La sonorisation est toujours en fonctionnement et tout le monde se déhanche aux rythmes de la musique malgache. Les célibataires des gens de la forêt se distinguent en arborant un peigne de couleur dans leurs cheveux.

Une pirogue taxi aborde, suivis des pirogues revenant du cimetière. Les femmes ont mis leurs belles parures et les visages sont recouverts d’une couleur ocre. Vers 10h, cela se précise, les hommes se mettent de part et d’autre le long du boutre et prennent en main un câble, ils sont très nombreux mais le poids du bateau est important. L’ambiance monte, les femmes à la poupe chantent et tapent dans les mains. Au signal du timonier, tout le monde s’arcboute et tire en cœur. Le boutre glisse rapidement sur les rondins posés sur le sable. Mais, la proue pousse les rondins et s’enfonce d’un coup dans le sable, stoppant net le bateau.  Sans agitation particulière, les pelles arrivent, créent un trou sous le sable, puis à l’aide de grandes perches et après 3 essais infructueux, la proue est remise sur des rondins. Et en 2 fois, l’avant du boutre touche enfin les flots. La marée est descendante et les coefficients sont importants. Donc, tout le monde saute de joie, le propriétaire du boutre est lancé à l’eau tout habillé et la fête se poursuit de plus belle. A la marée montante, le navire devrait flotter et être terminé à flots. Nous rentrons aux bungalows, repas de poissons, puis sieste et repos toute l’après-midi. Nange en profite pour se faire faire un massage aux huiles essentielles. Le dîner est excellent, du crabe préparé et des haricots au riz. Une des locataires d’un bungalow proche du notre a la surprise de découvrir un superbe boa sur son parquet. Nous allons nous coucher de bonne heure, demain, départ à 6 heure du matin pour 260 kilomètres de piste jusqu’à Morombe.

 

 

Mercredi 29 septembre

 

Belo sur Mer - Morombe : 277 Kms

 

 

Réveil aux premières lueurs de l'aurore, toilettes et petit-déjeuner à la lampe frontale, puis nous quittons notre Lodge au moment du lever du soleil. Nous embarquons un jeune plongeur qui nous sert de guide dans le dédale des salines. Heureusement, car nous apercevons un camion brousse, embourbé jusqu'aux essieux. La piste est très sablonneuse, par endroits comme du fech-fech. Nous faisons quelques variantes pour trouve la bonne piste car Lanto n’est jamais passé par ici, pour lui aussi, c’est une grande première. Nous circulons par moments dans un labyrinthe de rizières qui inondent la piste. Il faut sonder avant de passer. Les paysages changent continuellement, superbes baobabs, rizières, cailloux et enrochements, puis une savane totalement africaine ou l’on s’attend à voir un zèbre ou une girafe sortir des taillis. Mais, il n’y a que des chèvres et des zébus. La piste est très cassante, et l’on a plus de notions de distance mais de temps, car, on fait tout juste du 25 kilomètres par heure. Nous nous arrêtons pour un petit en cas en bord de piste, puis, nous reprenons la route, car c’est une route nationale, la numéro 9. A un moment, nous croisons des travaux publics qui tentent de rendre plane la piste, mais sur de trop courtes distances.

Des feux de brousse brûlent par endroits et nous passons pratiquement au milieu de l'un d'entre eux, c'est chaud. Puis, nous arrivons au passage de la rivière en bac. Le niveau est très bas et pour parvenir à l’embarcadère de fortune, il faut conduire dans un sable mou. Aussitôt, une bande de jeunes se proposent de nous pousser. Lanto parvient sans problèmes à l’endroit prévu. Le bac arrive et nous montons à bord. C’est un bac de fortune avec 3 pirogues métalliques accouplées. Les jeunes franchissent à pied et nous attendent de l’autre coté. Nous embarquons dans le 4x4 et débarquons puis roulons dans le sable jusqu’à la terre ferme. 4 jeunes s’agrippent à la roue de secours et réclament une somme convenue avec le chauffeur. Petite discussion et les choses s’arrangent. Visiblement, c’est leur fond de commerce sur le dos des chauffeurs de 4x4. Nous reprenons la route nationale 55 vers Morombe, les panneaux sont toujours un peu difficiles à trouver. Nous voyons encore de superbes baobabs de variétés différentes. La route n’est plus entretenue depuis l‘indépendance en 1960. Quelques bornes kilométriques tentent de donner des indications. Le soleil tombe doucement sur des baobabs qui poussent au milieu des rizières. Nous parvenons à la nuit tombée après 277 kilomètres et 13 heures de piste à notre hôtel. Pas d’accueil, nous avons l’impression de gêner le propriétaire des lieux. Après le dîner, nous rencontrons nous coucher rapidement. Demain, 7 heures de piste le long de l’océan.

 

 

Jeudi 30 septembre

 

 Morombe - Salary : 108 Kms

 

 

Excellente nuit, et ce matin, nous profitons du fait que Lanto soit parti réparer, de nouveau, le pot d’échappement, pour, juste après le petit déjeuner, nous promener le long de la plage en direction du village Vezo, le peuple de la mer. Les pirogues filent très vite car le vent de nord est assez fort. Les enfants viennent naturellement, nous voir, ils sont habitués aux ‘Vasa ha’. Ils aiment posés pour se faire prendre en photos et ils s’amusent lorsqu’ils voient le résultat sur l’écran de l’appareil. Retour de Lanto, il a bien fait de vérifier car le pont était fendu et il a pu le faire ressouder également. Nous partons pour le centre ville ou les immeubles coloniaux sont en pleine décrépitude, pas plus d’entretien sur le patrimoine immobilier que sur les routes et chaussées. Nous quittons Morombe, plein sud sur une piste très sablonneuse.

Et il faut faire très attention pour ne pas d’arrêter car le redémarrage serait très problématique sue ce sable qui s’enfonce tout de suite. Donc, en seconde, voire en première, nous longeons des salines puis des forêts avec des baobabs, tous plus remarquables, les uns que les autres. Toutes les variétés se trouvent la, alignés ou en bosquet. Nous sommes émerveillés par tous ces arbres et les appareils photos crépitent. Petite collation au pied d’un baobab dont le tronc semble avoir été tagué par un artiste contemporain. Mais, c’est l’œuvre de la nature. Nous arrivons sur une zone particulièrement ensablée et tout le monde reste attentif, Lanto, dont c’est le baptême du feu sur cette portion de route, joue admirablement bien de l’accélérateur et nous sortons de cette zone avec un ouf de soulagement. Puis, nous parvenons après 108 kilomètres sur Salary Bay, notre Lodge pour les prochaines 48 heures. L'endroit est paradisiaque, dunes de sable blanc, bungalows luxueux, nous profitons tout de suite de la plage et nous nous baignons avec délice dans le canal du Mozambique, avec une pensée émue pour nos familles, amis et collègues. Nous dînons au restaurant et demain, nous profitons pleinement du lieu.

 

 

Vendredi 01 Octobre

 

Salary Bay : 2 Kms

 

 

Nuit calme, malgré un début de turista, mais le binôme infernal est rentré en scène : Imodium, Ercefuryl, pour calmer tout cela. Petit-déjeuner complet et nous allons nous baigner, dans une eau à 27°, en tentant du schnorkeling, mais il n’y a rien à voir. Une pirogue passe à coté de nous pour nous dire que les poissons sont sur la barrière de corail au large. Nous rencontrons la propriétaire des lieux, ils ont achetés avec son mari, les 7 kilomètres de côte et 135 Hectares de terrain, toute la baie leur appartient, elle est classée auprès du WWF et une zone maritime de protection a été déclarée, ainsi le lieu restera intact. Puis Nange part explorer les alentours du village Vezo tandis que je reste dans le hamac à lire : Vie de Merde. Rigolade assuré. Je rencontre, sur la plage, le capitaine du bateau qui fait les plongées sur le site, les spots, ici, sont exceptionnels, visibilité à 35/ 40 mètres et des épaves de galion portugais, Jean-Jacques et Georges, un lieu à explorer !! Repas de brochettes de zébu, puis sieste, le vent se lève et j’en profite pour sortir le grand cerf-volant. Petite séance de baignade et le coucher de soleil est déjà là. Journée de repos et  de récupération à mi-parcours de notre séjour malgache. Ce soir, dîner au restaurant et demain, nous reprenons la piste sablonneuse pour une étape de 100 kilomètres.

 

 

Samedi 02 octobre

 

Salary - Ifaty : 90 Kms

 

 

Nuit sereine, nous dormons de mieux en mieux, petit-déjeuner et nous reprenons la piste sablonneuse en longeant l’océan, de nombreux villages de pécheurs sur des dunes d’un sable immaculée. Nous nous régalons de ces moments. Puis, nous retrouvons la route nationale, enfin, la piste en un peu plus large et un peu plus plate. Nous parvenons rapidement à Ifaty, la plage proche de Tuléar. Le village est important et tout le monde est dans la rue principale pour le marché, tomates, mangues, charbons de bois. L’hôtel est sur une petite hauteur et les bungalows face à la mer. Nous déjeunons d’une côte de zébu et frites. Nous repartons ensuite vers un petit jardin botanique ou un guide nous donne des explications sur les différentes variétés de baobabs. Au bout d’une heure et demie de marche au travers de cette forêt, nous retrouvons le 4x4 et retournons à nos bungalows. Dîner à l’hôtel et demain, nous roulons une petite heure, vers Tuléar ou nous resterons pour le dimanche.

 

 

Dimanche 03 octobre

 

Ifaty - Tuléar : 71 Kms

 

 

 

Ce matin, grande cacophonie au dessus de nos têtes, à croire que tous les oiseaux des environs avaient décidé de nous faire un concert spécial. Grasse matinée jusqu'à 7h 30, pendant le petit déjeuner, nous assistons à un baptême dans l'océan Indien par une congrégation religieuse locale. Tout le monde finit tout habillé dans l'eau. Les pécheurs apportent au restaurant les poissons pour le déjeuner dont des cigales de mer et de roches. Nous reprenons la Route Nationale 9 et longeons le bord de mer, la route est toujours aussi détruite, et par moments, des hommes avec des pelles demandent de l'argent car, ils sont sensés avoir entretenu la route. En fait, ils n'espèrent qu'une chose que le 4x4 se plante pour justifier leur labeur, je pense même qu'ils doivent "améliorer" la piste pour qu'elle soit encore plus molle.  Nous parvenons à Téluar, grande ville du sud de Madagascar.

Dans une recharge à ciel ouvert, de jeunes enfants fouillent les ordures. Les grandes artères ont gardé leurs anciennes maisons coloniales. La chaussée est détruite et les trottoirs inexistants. Nous faisons un tour des principaux axes, bien que l’on soit dimanche, beaucoup de marchés fonctionnent. Ici aussi, des pousse-pousse mais de couleur verte et très haut perchés, ils transportent de tout, des passagers aux marchandises. Nous nous arrêtons au marché aux coquillages. Mais, nous les avons déjà tous. Après une année aux Comores, j’en ai encore un coffre plein à la maison. Comme il est l’heure de déjeuner, nous nous arrêtons à l’Étoile de mer, un restaurant coté de la ville et nous nous régalons de langoustes. A l’issue, nous arrivons à notre logement et nous sommes en pays de connaissance, car c’est « Chez Alain », presque aussi bien qu’en Alsace !!!

Les chambres sont refaites à neuf et l’endroit est vraiment au calme. Nous nous installons puis reprenons la Route Nationale 7 pour aller visiter un arboretum. Des entreprises de constructions de brique longent la route. L’arboretum regroupe toutes les espèces endémiques de cette région du sud malgache. Il a été conçu et réalisé par un suisse décédé depuis et qui est enterré dans le parc. Nous avons la chance de voir quelques oiseaux, reptiles et araignées. Une partie ethnographique permet de voir les différents habitats ainsi qu'une sépulture. L'ancienne 2 chevaux du propriétaire est envahie par les arbres. Nous reprenons la route et rentrons ‘Chez Alain’. Toujours pas de possibilités de connexion Internet. Nous verrons plus tard. Nous dînons au restaurant de succulents tournedos de zébus au foie gras, digne d'un grand 5 étoiles, et demain, matinée course pour les filles. Puis, direction le parc de Isalo ou nous resterons 2 jours.

 

La minute éducative du professeur Yves : De la sexualité des baobabs      .

Au cours de nos pérégrinations, il nous été donné de constater que les baobabs étaient sexués, l'on peut donc distinguer les baobabs males, des baobabs femelles. Ainsi, vous pouvez observer un jeune baobab, ainsi qu'un baobab en pleine vigueur! Une jeune femelle pubère, aux fesse délicates et une clitoridienne, suivi d'un baobab amoureux, pour conclure cet exposé, une partie de jambes en l'air, en espérant vous avoir éclairé sur ce sujet délicat, bonsoir et à ma prochaine intervention !!

 

 

Lundi 04 octobre

 

Tuléar - Ranohira : 229 Kms

 

 

Nuit calme, mais ce matin, Nange ne va pas bien du tout, vertige et nausées. Elle reste alitée, pendant que Jackie et RV vont faire, avec Lanto, le tour des boutiques de la ville. A leur retour, cela ne va pas mieux et nous avons éclusé nos capacités en médicaments. Nange continue à se reposer et, avec RV, nous assistons et participons au remontage d’un moteur de 4,2 litres sur un Toyota Land Cruiser, du grand bricolage de professionnels. Après le déjeuner, Nange va beaucoup mieux et nous prenons la Nationale 7 en direction du parc de l’Isalo à 260 kilomètres de Téluar. Nous montons rapidement sur un plateau désertique, de curieuses schlittes en bois et roulements en acier transportent des marchandises et de l’eau vers ces hauteurs. Depuis une quinzaine de jours, nous gardons systématiquement nos bouteilles en plastique d’un litre et demie vide, Lanto les a remplies avec de l’eau de la ville et arrivés sur le plateau, nous les distribuons aux familles  qui vivent en bord de route de petits métiers : ramasseurs de bois, casseurs de cailloux, vendeurs de charbons de bois.

Ce n’est pas grand chose, mais ces bouteilles illuminent leurs visages et ils dansent sur la route en nous remerciant. Nous poursuivons le long d’une plaine très aride, quelques points d’eau qui regroupent hommes et animaux, certains vont chercher juste un bidon de 5 litres d’eau. Nous traversons quelques villages de cases, la population n’a vraiment rien ici. Puis, nous arrivons dans la zone d’extraction des saphirs et autres pierres précieuses. C’est la fin de la journée et les camionnettes ramènent les mineurs de tous âges qui passent la journée dans des boyaux non étayés à des profondeurs de 20 à 30 mètres à la recherche du filon qui les rendra riches. Pour le moment, ceux sont surtout les revendeurs qui s’enrichissent aux vues des superbes fonds de commerce qui s’alignent le long des 3 villages les plus importants pour ce négoce de la région. Beaucoup de contrôle de police et de gendarmerie, car à la nuit tombée, l’ambiance devient très Far-West à l’image des paysages de pierre que nous traversons en cette fin de journée. Puis, nous parvenons au parc de l’Isalo et à notre gîte, nos bungalows sont petits mais tout confort. De nombreux moustiques tournent autour de nous, moustiquaires obligatoires. Nous dînons de zébus, pour ne pas changer et demain, nous randonnerons pour la journée dans le parc qui a subi un incendie très récemment.

 

 

Mardi 05 octobre

 

Parc de l'Isalo : 91 Kms

 

 

Réveil un peu difficile, ce matin, je serais bien resté au lit. Mais, petit-déjeuner pris, nous partons avec RV et Jackie, car Nange reste encore au lit pour se reposer. Direction le village de Ranohira ou se trouve le bureau des guides pour pouvoir accéder au parc. Sur la place, des joueurs de boules s'entraînent, car, c'est, ici aussi, un passe-temps national. Puis, nous prenons une piste avec le 4x4 sur 17 kilomètres afin de parvenir au parking, début de la randonnée de 6 kilomètres prévue ce matin. Un guide nous accompagne et nous traversons des rizières ou un troupeau de zébus est entrain de piétiner des parcelles pour préparer le terrain avant de le mettre en eau puis de repiquer le riz. Des enfants fabriquent des petits objets en terre glaise pour les vendre aux nombreux touristes. Nous progressons vers un premier canyon, celui des Makis, mais de makis, point. Ils seraient partis au sommet des montagnes manger des fruits murs. Le parc fait 150 kilomètres de long sur 25 de large. Et suite à un feu de brousse non maîtrisé près de 40% sont partis en fumée, la semaine dernière. Ce qui n'empêche pas, l'ethnie Bara de continuer à brûler les herbes sèches, afin de nourrir les zébus d'herbes tendres en attendant la saison des pluies. Car le zébu est le signe extérieur de richesse. Plus le troupeau est important et plus son propriétaire l'est aussi. Il peut même avoir plusieurs femmes. Un jeune se doit, pour prouver sa virilité, de voler un zébu, avant toute demande en mariage.

Nous remontons le canyon, puis faisons demi-tour pour pénétrer dans un second canyon un peu plus loin, appelé par les anciens canyon des rats, par erreur, car ils avaient pris les minuscules lémuriens nocturnes pour des rongeurs. Ce canyon est l'occasion d'explication importante concernant le retournement des morts, pratique courante dans les 18 ethnies de l'île sous des formes différentes. Pour l'ethnie Bara, le défunt est mis dans une tombe provisoire au pied de cette montagne considérée comme sacrée, durant 5 à 7 ans. C'est une simple crevasse recouverte de cailloux. Au bout de ce délai de 5 à 7 ans, les restes sont ramenés au village, les ossements sont nettoyés, recouvert de graisse de zébus, mis dans des étoffes de soie et un cercueil en bois de rose. C'est l'occasion de grandes fêtes ou toute la famille et le village sont invités, de nombreux zébus sont sacrifiés. Puis le corps est replacé en hauteur dans une crevasse familiale, avec des pièces françaises en argent pour payer le passage vers le ciel. C'est un tombeau définitif et l'endroit est tabou. Nous passons prés d'une tombe provisoire puis nous apercevons en mi pente une crevasse avec des tombes définitives. Pour beaucoup d'ethnies, le défunt part avec tout ce qu'il possède et si son troupeau est de 500 têtes de bétail, les 500 sont sacrifiées sur sa tombe, il est tabou de prendre les biens d'un mort.

Nous reprenons la route pour déjeuner à notre gîte, et en début d'après-midi, nous repartons tous  pour visiter en 4x4, le site géologique du sud du parc. Les couleurs rouge sont dues à l'oxyde de fer, la jaune à la bauxite, la blanche à des cilices et la verte à des lichens. Tous ces couleurs se mélangent dans des formes étranges, nées des poussées tectoniques. Nous terminons en fin d'après-midi, à la fenêtre, une ouverture dans la roche, plein ouest, face au coucher du soleil, l'occasion de faire de belles photos, durement shootées car nous étions loin d'être les seuls sur le site. Nous rentrons aux bungalows et dînons rapidement, avant d'aller dormir. Demain, nous roulons vers Fianarantsoa à 290 kilomètres par la Nationale 7.

 

 

Mercredi 06 octobre

 

Ranohira - Fianarantsoa : 297 Kms

 

 

Les crevettes ne sont pas bien passées, Imodium Ercefuryl et cela va déjà beaucoup mieux. Nous quittons nos bungalows pour reprendre la nationale 7. Nous longeons d'immenses étendues planes d'herbes à perte de vue. C'est toujours très aride. La saison des pluies est attendue pour décembre en espérant une durée de 4 mois, même si l'an dernier, elle n'en n'a duré que 2 mois. Puis, les montagnes se font plus proches, les dénivelées aussi, tous les thalwegs sont verts et recouverts de rizières. Puis, nous franchissons la porte du sud, un col symbolisant le passage sur les hauts plateaux. Nous sommes à 1000 mètres d'altitude et nous parvenons à la ville de Ambalavao, c’est le jour du marché aux zébus, le second en importance de Madagascar. Les bêtes sont regroupées autour de leur propriétaire et les futurs acquéreurs font le tour des lots. Il y a une foule très chamarrée, les petits chapeaux en paille, les lambas drapées sur les épaules et les badines distinguent les différents Betsiléos. Un zébu valant entre 300.000 et 1 million d’ariary, ce sont des sommes colossales qui vont changer de main au cours des discrètes transactions en fond de gargote. Par moments, des animaux partent au galop semant la panique dans le troupeau et c’est à grands renforts de coups de badine, que les hommes font tout rentrer dans l’ordre. Depuis 2 à 3 jours, je distribue des images, récupérées lors d’achats à Carrefour avant notre départ et je fais un tabac avec. 

Puis, nous allons déjeuner  et visitons ensuite une fabrique de papier antémoro. Ce papier introduit par les arabes sur l’île, a été réutilisé à partir de 1924 par un français comme papier d'ornement en incrustant des fleurs à l'intérieur. C'est un travail artisanal qui donne de superbes résultats. La boutique à la sortie de l'atelier est l'occasion de quelques dépenses. Nous visitons ensuite rapidement un vignoble sur les 6 que compte Madagascar. En raison de l'heure de début d'après-midi, nous ne faisons aucune dégustation. Nous reprenons la route en direction de Fianarantsoa. Des tisseurs de sisal en bord de route sont l'occasion d'un nouvel arrêt. Puis, nous arrivons à destination, la ville aux 1000 églises. De la ville haute, nous avons une vue superbe. Une petite visite des différentes artères et nous voyons le monument aux morts français. Nous parvenons à notre hôtel, en centre ville, il fait frais à presque 1200 mètres d'altitude. De toute façon, la nuit sera courte car nous partons à 6 heures afin de prendre le train qui nous amènera si tout va bien à Manaka en fin d'après-midi. Une autre aventure en perspective.

 

 

Jeudi 07 octobre

Fianarantsoa - Manakara : 163 Kms

 

La nuit a été pénible, beaucoup de bruit, cris, musique, chiens, coqs et pour couronner le tout, l’appel à la prière de la mosquée à 4h30. Pour la ville aux 1000 églises, pas une cloche ! Nous descendons, dés 5h15, et semons un peu la panique dans le personnel de l’hôtel. Petit déjeuner pris, nous grimpons dans le 4x4 pour la gare ferroviaire. Lanto fera la route avec les bagages et doit nous retrouver à l’arrivée. Beaucoup de monde en attente, les vazaha voyagent en première classe pour ceux ayant réservé et c’est notre cas. Pour les autres, c’est la seconde sans réservation, avec les poules et les canards. Le train part à l’heure, c’est un train historique, inauguré en 1936, avec du matériel de prise de guerre, récupéré en 1918. Depuis, les locomotives et les wagons proviennent de divers horizons, Inde, Suisse, France. Notre wagon est le dernier du train et il n’y a pas de portes arrière, le voyage se fait donc en plein air. Je m’amuse à voyager sur le marchepied. Les paysages sont beaucoup plus luxuriants que la veille, beaucoup d’eau et des rizières profondes.

Dans certaines, les travailleurs s’enfoncent dans une terre noire jusqu’à la ceinture. 15 gares et 4 arrêts sont prévus tout au long des 160 kilomètres du parcours jusqu’à l’océan Indien. Les arrêts dans les gares sont l’occasion pour les petits vendeurs de proposer beignets de bananes, gâteaux, écrevisses, poivres, vanilles. Certains enfants grimpent en courant, peu avant l’arrivée sur le quai et ressautent, dés que le train prend trop de vitesse. Les marchandises sont chargées et déchargées, régimes de bananes, tarots, planches. C’est le poumon économique de cette région et, sans train, plus de liaisons possible. L’arrivée de celui-ci correspond avec le jour du marché et tout le monde se retrouve à la gare pour les animations. Les enfants réclament bonbons et stylos et, dés qu’une distribution a lieu, ils se précipitent pour profiter de l’aubaine. Les petites sœurs portent les bébés, certaines mamans ont tout juste 12  à 13 ans. Et certaines donnent le sein, tout en marchant et en discutant. Une jeune femme enceinte est transportée dans le wagon, rajouté à une gare, derrière le notre. Et l’accouchement commence rapidement, avec l’aide d’un médecin et d’un infirmier en vacances, malheureusement, le bébé est mort-né.

Je fais la connaissance du mécanicien du train, qui m’invite, avec RV, à monter en tête du train sur la locomotive, grande expérience, surtout lorsque l’on voit l’état de la voie. Les rails bougent dans un bruit de cliquetis métallique. Nous avons expérimenté le T.G.V. (Train à Grandes Vibrations), pensées amicales à Georges et Véronique. Puis, nous arrivons à destination, après avoir traversé, en son milieu, l’aérodrome de Manakara. Lanto nous attend et nous rejoignons rapidement notre hôtel, pour nous doucher, car nous sommes recouverts de poussières. Après un dîner d’écrevisses, nous allons vite nous coucher, la fatigue se faisant sentir. Demain, nous partons pour la journée explorer le canal des Pangalanes.

 

Vendredi 08 octobre

Manakara : 25 Kms

 

Nuit calme, mais ce matin, nous sommes réveillés par les gouttes de pluie sur le toit en métal. Et il pleut abondamment, une pluie tropicale. A l’issue du petit-déjeuner, nous partons, avec RV, sur le canal afin de prévenir le piroguier que nous nous ne ferons pas la sortie prévue, ce matin. Les pirogues ont beau avoir un petit tau, avec le vent et la pluie, ce n’est guère agréable. D’ailleurs, tous les vazaha rencontrés sont sous des capes de pluie ou des K-way. Mon appareil photo a décidé de se réformé tout seul, il ne veut plus rien savoir, heureusement, que le deuxième boîtier est là. Nous changeons donc le programme et, après un arrêt, à la banque pour faire du change, Nange et Jackie font quelques achats d’huiles essentielles. Par contre, la boutique de T-shirts a été cambriolée et il n’y a plus que des tailles XXL. A midi, nous rejoignons la maison du piroguier pour le déjeuner.

C'est une case tout en bois de l'arbre du voyageur, ce grand palmier abonde dans la région. Les écorces sont étanches et résistantes à la chaleur. Les palmes servent pour la toiture et forment une climatisation naturelle pour les grosses chaleurs. Dieudonné et Judas, son épouse nous accueillent avec chaleur. Un menuisier est en train de faire un agrandissement et le plancher est en eucalyptus. L'intérieur est coquet, petits rideaux aux fenêtres, salon imposant et une grande télévision avec Canal satellite. Nous déjeunons sur une table à 6 couverts, car la maîtresse de maison n'est pas prévue pour manger avec nous. Nous nous poussons pour l'accueillir, elle a cuisiné une entrée de pâtes et légumes, puis, des filets de thon frais grillés, sauce tomate et riz rouge. C'est excellent. Des voisins passent pour nous proposer des chapeaux, des huiles essentielles, de la vanille, de la cannelle et des clous de girofle. Le temps n'étant vraiment pas de la partie, il pleut par intermittence, nous annulons la sortie de l'après-midi et allons nous réfugier dans un cybercafé. Cela me permet de mettre le blog à jour, mais je ne transfère que les photos pour 5 jours et cela prend 2 heures. Puis, nous rentrons à l'hôtel et choisissons notre repas du soir, avec Lanto, qui dîne avec nous. Crevettes en mayonnaise, brochettes de zébu grillée et bananes flambées, c'est repus que nous allons nous coucher. Demain, direction Ranomafana à 210 kilomètres par la nationale.

 

 

Samedi 09 octobre

Manakara - Ranomafana : 185 Kms

 

Nuit de récupération, petit-déjeuner et achat de miel de litchis avant de quitter Manakara, par la nationale 22. C'est la route qui longe la voie ferrée, l'occasion de nous arrêter pour voir une distillerie d'huiles essentielles d'eucalyptus, c'est vraiment sommaire comme installation. La voie ferrée est vraiment brinquebalante et, par moments, les traverses semblent ne plus reposer sur le ballast. Nous grimpons doucement au milieu de paysages superbes. Tout pousse ici, palmiers pour faire du savon, tulipiers du Gabon aux grosses fleurs orangers, caféiers, thés, sapins, bananiers, lantanas, volubilis, roses sauvages. Les collines sont déboisées et des campagnes de reboisement tentent de refaire pousser la forêt disparue. Nous continuons à grimper, les forêts d'arbres du voyageur sont importantes. Les villages sont tous très animés, marché du samedi oblige, les femmes portent des coiffures en raphia, spécifiques à leur village et fabriquées par elles-mêmes. Des travaux ont lieu pour entretenir la route, la signalisation est faite au sol ou par des panneaux de fortune.

En bord de chaussée, des casseurs de cailloux tapent pour briser des pierres en petit calibre, toute la famille participe hommes, femmes et enfants, l'un d'eux nous dit avoir déjà rempli 20 camions depuis le début de ce labeur, et dire, que chez nous, à une époque, il s'agissait de travaux forcés, ici, c'est pour pouvoir survivre. Nous traversons des rivières et nous nous arrêtons pour voir des orpailleurs au travail, 2 jeunes filles, leur battée en guise de chapeau, nous montrent de la poussière d'or, mélangée au sable, qu'elles viennent de trouver. Nous arrivons vers 13 heures à Ranomafana, notre destination, le temps de nous restaurer et nous prenons possession de nos bungalows, face à la rivière qui coule en contrebas. Puis, nous allons au village à pied, beaucoup d'animations, un match de foot oppose les Bleus et les Blancs. Ancienne station thermale, des bains et des massages sont proposés.

Des enfants profitent de l'eau chaude au bord de la rivière. Un cyclone a détruit la passerelle métallique et c'est, sur une passerelle de fortune, que nous franchissons les flots. Au retour, nous rendons visite à une association de femmes qui tissent sur des métiers en bois, des tissus en soie sauvage. Un manège en bois, actionné par la course de 3 pousseurs, amuse les enfants et la galerie. La farine est pilée et un jeune enfant, haut comme 3 pommes, sait déjà demander pour se faire prendre en photo. Nous profitons du dîner, pour acheter de la vanille et du poivre rouge et noir. Demain matin, visite du parc de Ranomafana, avec ces lémuriens bambou doré.

 

Dimanche 10 octobre

Parc de Ranomafana - Ambositra : 169 Kms

 

Nuit calme et réveil de bonne heure à 5 heures 30. Le temps est chargé et le brouillard recouvre les sommets environnants. Le gardien de nuit nous montre 3 variétés de papillons de nuit aux couleurs superbes. Après le petit-déjeuner, nous nous déplaçons, avec le 4x4, jusqu’à l’entrée du parc de Ranomafana. C’est un des parcs nationaux qui proposent de nombreux circuits afin de découvrir les forêts primaires et secondaires tropicales humides avec leur faune et leur flore. Nous optons pour un circuit de 6 kilomètres, un guide se joint à nous, avec son rabatteur chargé, par téléphone, de lui indiquer les zones où se trouvent, principalement les lémuriens.

La forêt est vraiment humide, voire boueuse par endroits. Et typiquement tropicale, car le tropique du Capricorne ne se trouve pas loin au Sud de Madagascar. Nous avançons sur une piste étroite et surtout très pentue, lorsque notre guide reçoit un appel du rabatteur, nous descendons un raidillon glissant, au milieu de la forêt secondaire, en direction d'un bosquet d'arbres et de bambous. Au sommet, d'un arbre, nous distinguons difficilement un lémurien bambou doré, une espèce découverte tout récemment en 1986. Mais tous les autres guides arrivent avec leurs clients respectifs et nous nous retrouvons rapidement à une grosse trentaine, à essayer de photographier les fameux lémuriens, qui, lassés de tout ce tintamarre, quittent en 3 sauts, ce lieu trop animé pour eux. Bon, nous reprenons notre crapahut, fait de montées et de descentes glissantes, lorsque nous observons une petite famille de lémuriens roux, qui se laissent admirer, avant de partir rapidement. Des petites sangsues tentent de s'accrocher à nous, sans y parvenir. Une petite grenouille terrestre au camouflage naturel de couleurs feuille retient notre objectif. Un nouvel appel du rabatteur et nous arrivons au pied d’arbres ou se trouvent un petit groupe de sifakas, la seconde espèce la plus grande en taille des lémuriens malgaches. Très joueurs, ceux-ci se cachent dans la cime des arbres et ne nous laissent voir que leur postérieur. Nous nous arrêtons ensuite pour voir un minuscule caméléon terrestre qui se fige, lorsque nous nous approchons de lui, puis tombe sur le côté pour faire croire qu’il est mort. Nange le prend sur sa main, il se redresse et ne bouge plus, il tente de changer de couleur, mais sa gamme chromatique est trop réduite. Nous lui rendons sa liberté et il se fond instantanément dans le paysage.

Nous terminons par quelques photos de geckos verts et rentrons extenués au parking après 4 heures, loin de la gentille balade annoncée. Lanto nous attend et après un déjeuner réconfortant, nous prenons la nationale pour rejoindre Ambositra à 156 kilomètres. Les paysages traversés sont superbes, rizières en terrasses, terre rouge, forêts d’eucalyptus et de pins, tantôt en pleine croissance, tantôt brûlés par des feux de brousse. Dans les villages, certains ont abusé de l’alcool et titubent, accrochés à leurs amis. Nous distribuons nos derniers crayons et stylos à bille, avec toujours ces sourires épanouis de remerciements. Nous arrivons à destination, les bungalows sont superbement sculptés et décorés, l’endroit est remarquable. Après un dîner fait de spécialités locales, nous allons nous coucher. Demain, dernière étape en direction de Tananarive.

 

Lundi 11 octobre

Ambositra - Tananarive : 264 Kms

 

Nuit de plomb dans un calme parfait. Nous quittons notre bungalow pour visiter une boutique d'artisanat, ou un artisan nous fait une démonstration de marqueterie. La réalisation est superbe et tout est fait avec les moyens du bord, l'outil principal a comme ressort, un ressort de sommier et les lames de scie sont des armatures métalliques de pneus recyclés avec un marteau et biseautées au burin. Il nous fabrique un petit porte-clés, en moins de temps qu'il n'en faut pour le lire. Puis, nous reprenons la nationale 7, vers le nord. La gare routière des taxis-brousse est pleine de clients en partance. Des paysans retournent un champ à l'aide des bêches malgaches et il faut une bonne coordination. Les paysages changent encore, des rizières accueillent des champs de blé et d'orge, sitôt coupées les parcelles sont retournées et préparées pour la culture du riz. Toujours des incendies, un peu partout plus ou moins maîtrisés. Nous arrivons à Antsirabe pour le déjeuner et je déguste une pizza au filet de zébu. Nous reprenons notre route, derrière des camions nombreux, amenant vers la capitale, des zébus pour l'abattoir. je complète ma collection de photos de transporter avec un T3 de la police et un superbe T2.

Des pêcheuses en ligne dans une rivière tentent de mettre des alevins dans leurs nasses. Des enfants en bord de route retournent la terre et demandent de l’argent, sensé les remercier pour l’entretien de celle-ci. D’autres proposent des fruits de l’arbre à soie. Puis, nous arrivons dans la banlieue de Tananarive, la circulation est tout de suite beaucoup plus dense, quelques embouteillages. Les taxis jaunes, 2 CV et 4 L me semblent plus nombreux. Nous arrivons à notre hôtel, le même qu’à notre arrivée ou nous resterons 3 jours. Bonne nouvelle, le Wifi fonctionne parfaitement, donc, la mise à jour du blog va pouvoir se faire presque en live. Demain, visite du Lémurs Parc et déjeuner dans une association de réinsertion pour les sans-abri.

 

Mardi 12 octobre

 Lémurs Park : 81 Kms

Réveil aux aurores, petit- déjeuner et nous retrouvons Lanto et son 4x4, pour la visite du Lémurs park, nous prenons la nationale et nous nous arrêtons pour réserver notre repas à l'association St François qui  fait de la réinsertion pour des sans-abri. Le Lémurs Park est une association privée Franco-japonaise datant de 1981. 7 variétés de lémuriens sont en liberté dans un grand parc, le long d'une rivière. Sans prédateurs naturels et nourris 5 fois par jour, les lémuriens se laissent approcher et c'est superbe de pouvoir les observer d'aussi prés.  Gris, roux, blanc et noir, ils se laissent prendre en photos en prenant pour certains des poses artistiques. Une femelle a même un bébé de 3 mois qui est très curieux et joueur. Tout à coup, ils se mettent à hurler pour bien marquer leur territoire et éloigner les éventuels prédateurs.

D'autres sont affalés le long de branches et arrivent à se mettre sur le dos, pour mieux se prélasser. Nous restons une bonne heure, puis nous allons déjeuner à L'A.S.A., l'association des sans-abri qui propose des repas et des chambres d'hôtes. Les familles sont détectées dans les bidonvilles de Tananarive, puis après 3 phases successives et durant 5 années, elles sont réinsérées dans la vie, apprennent un métier et reçoivent une terre et une maison dont ils deviennent propriétaires dans l'ouest de Madagascar. Un excellent exemple d'organisation concrète avec un but final atteint. Après le repas, nous reprenons la piste pour nous rendre dans le village de Lanto. Nous voyons les briqueteurs en pleine confection et les briques en train de cuire. Les petites porteuses de briques tiennent en équilibre sur la tête, une douzaine de briques pour les transporter d'un point à un autre. Leurs enfants les attendent au pied de monceaux de briques dans une poussière importante. Nous visitons ensuite le village natal de Lanto et pouvons saluer une partie de sa famille, ainsi que son coton de Tuléar. En rentrant sur la ville, nous nous arrêtons dans une grande surface, pour acheter du thé et du café. Retour à l'hôtel, dîner de bonne heure et demain, nous irons visiter les collines sacrées autour de Tananarive.

 

 Mercredi 13 octobre

Association Père Pedro - Colline Sacrée : 87 Kms

 

Nuit calme et réveil identique, au petit déjeuner, nous discutons avec un responsable d'un nouveau Lodge installé récemment au parc de l'Isalo. Puis, à l'arrivée de Lanto, nous prenons la route pour nous rendre dans une boutique qui fabrique des objets en métal, je trouve un baobab qui finira sur la poutre à la maison et une tête de zébu qui devrait trouver sa place sur la calandre de mon popoo. Ces objets sont fabriques dans le cadre d’une aide au travail, des familles entières se consacrent au dépliement des fûts de 200 litres de carburant, puis à l’écrasement de ces tôles pour les rendre planes. Enfin, cela tape et soude dans tous les coins, pour réaliser les objets vendus ensuite dans la petite boutique à côté. Nous poursuivons en direction de la grande déchetterie de Tananarive ou se trouve l'association du Père Pedro. Arrivé en 1970, à Tananarive, il a monté cette association pour venir en aide aux familles et aux enfants qui vivaient sur la déchetterie ou la carrière de pierre toute proche. En l’espace de 20 ans, il a créé de nombreux villages en dur, des écoles, des collèges, des lycées, des stades, des ateliers. Et tout ceci grâce à la générosité des particuliers et d’associations. Nous allons voir une école avec plus de 2000 enfants qui nous accueillent tous avec un immense sourire. Et nous avons la chance de pouvoir voir et entendre le père Pedro, dans la petite chapelle, assis sur des nattes. Il est passionné et capable de déplacer des montagnes. Il est la preuve qu’avec de l’acharnement et une organisation uniquement malgache, on peut faire reculer la misère dans ce pays. Et l’immobilisme du gouvernement en place, ainsi que les précédents, le mette en colère. D’ailleurs, une émission de télévision REPORTAGES lui est consacrée samedi prochain sur TFI. N’hésitez pas à la voir et à aider son association.

Nous déjeunons dans un restaurant où les effets de la crise se font sentir, plus de clients. Nous continuons vers la colline bleue, une des 12 collines sacrées qui entourent Tananarive. Celle-ci est la plus importante, car il s’y trouve encore le palais des reines et rois malgaches de 1710 à 1895, ainsi que leurs tombeaux. L’endroit est encore sacré et il y a un protocole à suivre lorsque l’on rentre et sort des palais en bois. Un superbe zébu est attaché à l’entrée. Une famille malgache fait des dons, pour obtenir des faveurs de l’au-delà. Lorsque nous quittons les lieux, le zébu est emmené pour être sacrifié sur la pierre des sacrifices. Nous continuons par le marché de la digue, des boutiques sur plus d’1 kilomètre qui offrent tous les souvenirs possible pour les touristes. Le retour sur l’hôtel est l’occasion de se retrouver bloquer dans les embouteillages de la ville et de voir pour une dernière fois, toute l’animation des avenues. Ce soir, nous dînons avec Lanto et toute sa petite famille, car demain, c’est son anniversaire. Demain, nous quittons la grande île pour une plus petite, l’île Maurice, que nous devrions atteindre en fin d’après-midi.

 

Jeudi 14 octobre

Tananarive - Flic en Flac : 71 kms

 

Dernière nuit malgache sereine, ce matin, rien ne nous bouscule et nous nous préparons tranquillement. Les 2 sacs commencent à peser leur poids et nous dépassons légèrement les 40 kilos en tout. Lanto arrive à 10h 30 et nous roulons en direction d'Ivato, l'aéroport international. Dernières photos de la ville qui est déjà en pleine ébullition. La campagne est beaucoup plus verte, le printemps est là et les fleurs fleurissent un peu partout. Sur le parking de l’aéroport, nous quittons Lanto, rapidement, car l’émotion est importante des 2 côtés. Nous ne sommes pas prêts d’oublier ce compagnon de route, conducteur émérite qui a su nous faire découvrir son pays avec chaleur.

Nous enregistrons nos bagages, puis patientons en zone d’attente, beaucoup de travailleurs indiens et chinois partent sur Maurice, pour ensuite, rejoindre Bombay et la Chine. L’embarquement prend du temps, car un des élévateurs est en panne et c’est, avec une heure de retard sur l’horaire prévu, que l’Airbus d’Air Mauritius prend son envol. Derniers paysages malgache puis survol de l’océan Indien. Après une heure de vol, nous apercevons l’île de la Réunion, à notre droite dans le soleil couchant. Et nous atterrissons à la nuit tombée. L’aéroport est moderne, avec de grandes zones en duty free, y compris dans la zone d’arrivée. Le taxi prévu est bien présent, lorsque je monte naturellement à la place avant à droite, le conducteur me demande par 2 fois, de ne pas prendre sa place. C’est en me penchant à l’intérieur du véhicule, que je m’aperçois que la conduite est à droite et que je monte donc, en temps que passager avant, à gauche. Le sentiment est bizarre, de ne pas avoir de volant, ni pédales. Le conducteur nous amène en 1 heure jusqu’à Flic en Flac, lieu ou nous avons loué une villa pour les 16 jours à venir.

Nous sommes un peu inquiets car à la nuit tombée dans un lieu inconnu. Mais très heureuse surprise, les propriétaires, Norbert et Laurianne, sont présents et nous attendent, avec le verre de l’amitié, ils ont même prévu un délicieux repas qui mijote en nous attendant. Le site est superbe, en bord de piscine, non loin de l’océan, mais nous irons à la découverte demain. Pour le moment, la fatigue se fait sentir et après avoir dîner, nous allons nous coucher. Demain, nous prendrons contact avec les lieux.

 

Vendredi 15 octobre

Flic en Flac : 6 Kms

 

Nous avons bien profité de cette nuit de repos. La maison est calme et l'endroit idyllique, 2 grandes chambres avec salle de bains, terrasse et vue sur la grande piscine, Wifi, téléphone portable à disposition, télévision avec Canal Sat, cuisine entièrement équipée, ce retour à la civilisation nous fait du bien. D'ailleurs, il y a 2 chambres de libre, si cela tente quelqu'un, nous vous attendons !! La matinée est consacrée aux petites tâches ménagères et d'entretien des vêtements. En fin de matinée, nous nous rendons juste à coté pour faire les courses en bord 'océan. La plage est toute proche, superbe. Nous rentrons chargés de nos courses pour les prochains jours. Nous déjeunons de poulet grillé et j'en profite, ensuite, pour faire une petite sieste. Nange, Jackie et RV en profitent pour bronzer au bord de la piscine. A mon réveil, je tente de draguer la sirène au fond du bassin, mais elle reste de marbre. Le soleil tombant doucement, je me rends en bord de mer pour profiter du coucher de soleil. A mon retour, notre hôte, Norbert vient nous rendre visite, et cela nous permet de prévoir nos prochaines sorties pour découvrir l'île. Demain, découverte du littoral en vélo.

 

Samedi 16 octobre

Flic en Flac : 14 Kms

 

Encore une bonne nuit, aujourd'hui, je jeûne, donc, pas de petit déjeuner,  la matinée commence calmement, l’occasion de photographier les nombreux oiseaux qui virevoltent autour du jardin. Le temps est incertain et de gros nuages bouchent l'horizon. Nous avons retrouvé le décalage horaire initial, soit 2 heures avec la France. Vers 10h, je vais, avec RV, récupérer 2 vélos dans une résidence à 1 kilomètre environ. Le retour est l'occasion de tester la conduite à gauche et même, en vélo, il faut rester concentré, car les réflexes de conduite à droite reviennent vite. Les mauriciens ont coutume de dire que l'on reconnaît un étranger au volant, car c'est le seul à mettre ses essuie-glaces dans un rond-point.

Nous arrivons sans encombre à notre villa et après avoir récupéré 2 autres vélos, nous nous préparons pour une petite balade de 10 kilomètres, le long du littoral vers le sud de l'île. Le week-end, les mauriciens ont coutume de se retrouver en bord de mer pour des pique-niques. et malgré le temps incertain, il y a de nombreuses familles installées au bord de l'océan. Des camions et des gargotes proposent toutes les nourritures possibles, mauricienne, indienne, chinoise, italienne. Nous faisons un aller et retour le long de la côte, car  celle-ci rentre dans les terres. Une biche dans un enclos s'enfuit à notre approche. Au retour, nous longeons un centre commercial ou nous nous arrêtons pour quelques emplettes. Puis, je regarde Nange, Jackie et RV déjeuner dans une gargote, un plat indien dans une sorte de crêpe épaisse, des faratas et des fruits frais en dessert. Petite sieste, en attendant la diffusion du repartage sur le Père Pedro, sur TF1. Il est égal à lui-même et je revois la famille, vivant à coté de la benne à ordures, que j’avais photographiée quelques jours auparavant. Les vacances scolaires ont débuté à La Réunion et de nombreuses familles en profitent pour venir à Maurice. La piscine ne désemplit pas depuis ce matin d’enfants de tous âges. En fin d’après-midi, avec Benoît, le chauffeur de taxi qui travaille avec Norbert, nous mettons au point le programme de notre séjour. Demain, direction 4 Bornes à 13 kilomètres par le bus local, car il y a le marché et nous devons revoir Jean et Hélène venus de La Réunion.

 

Dimanche 17 octobre

4 Bornes : 45 Kms

 

Nous avons dormi comme des loirs, nous commençons à récupérer doucement de la fatigue accumulée au fil des jours. Nous débutons la matinée par une petite marche afin de nous rendre jusqu'au supermarché au bord de la plage pour acheter du pain. Puis, nous patientons 20 minutes à l'arrêt du bus local, en attendant celui pour 4 Bornes ou se tient un grand marché les dimanches et jeudis. C'est un bus immatriculé 327 FB 93 qui arrive, Il est de février 1993, c'est facile à savoir car les 2 derniers chiffres de la plaque minéralogique indique l'année d'immatriculation, les 2 lettres indiquant, en abréviation et en anglais, le mois. Les amortisseurs sont inexistants et le conducteur le conduit comme une voiture de rallye. Tant pis pour les passagers, ils n'ont qu'à bien se tenir. Nange trouve une corde verte, mais c'est le signal pour demander l'arrêt à la prochaine station. Les paysages sont peu montagneux et comme la culture de la canne à sucre est mécanisée, les champs sont plats et arrosés à l'aide de systèmes d'irrigation automatique en cercle. C'est ce qui fait ces beaux ronds de couleur sur les photos satellites de Google Earth. Les conducteurs sont tous sportifs, à croire que c’est un rallye permanent. La population de l’île est en grande partie issue de la population indienne, amenée par les britanniques, lorsqu’ils étaient à la tête de l’île, comme travailleurs dans les champs. Leurs descendants ont conservé la tenue et la majorité des femmes portent de superbes saris. Le bus freine brutalement, une dernière fois, car nous sommes au terminus, juste en face du grand marché, ou l’on trouve de tout.

Ce n’est pas un marché destiné aux touristes et il n’y a qu’une population de mauriciens qui le fréquente. Nous déambulons à l’intérieur durant une bonne heure, puis, nous trouvons l’hôtel de Jean et Hélène, mais le gardien nous dit qu’ils ne sont pas là. Nous partons déjeuner d’un brayani de cerf et d’agneau. C’est un plat unique composé de riz, de viandes et de crudités. C’est très épicé sans être fort et c’est très bon. Après le repas, nous retournons à l’hôtel, mais toujours personne. Nous visitons les rues principales mais les magasins sont fermés comme le jeudi d’ailleurs. Nous reprenons le bus en direction de Flic en Flac. Beaucoup de monde, les personnes voyagent debout ou entassés sur les banquettes. Je propose bien mes genoux, mais finalement, je renonce en voyant la taille de la jeune femme qui arrive et elle écrase Nange pendant une partie du voyage retour. La circulation est très ralentie car il y a une fête hindoue et beaucoup de véhicules et bus escortent des camionnettes avec de grandes statues, enveloppées dans des étoffes chatoyantes. Nous descendons au bord de la plage. Celle-ci est comble de familles installées sur des tapis, avec des tentes, des gamelles et de la musique. C’est vraiment un moment de détente familiale. Un peu plus loin, nous nous approchons d’un rassemblement hindou. Les femmes en saris tapent dans les mains et les hommes amènent au large, dans une barque une petite statue qu’ils immergent en chantant. Puis, une camionnette s’approche avec une statue et ce sont chants, encens et lancers de poudre de couleur rouge et jaune. C’est festif et joyeux. En rentrant, nous croisons encore une autre communauté hindoue, tout aussi importante en route vers leur temple. Nous rentrons et je vois juste en face de la villa, un macaque mâle de belle taille et en totale liberté, ils sont presque 20.000 sur l'ile et celui-ci s’enfuit après quelques mouvements d’intimidation. RV et Jackie profitent d’un rayon de soleil pour se prélasser au bord de la piscine. Demain, nous irons en bus local toujours, visiter Port Louis, la capitale.

 

 

Lundi 18 octobre

Port Louis : 56 Kms

 

Excellente nuit, petit déjeuner sur la terrasse face à la piscine, trop dur !!! Et à 9h30, nous prenons le bus pour Port Louis, la capitale de l'île qui se trouve à une vingtaine de kilomètres de Flic en Flac. Le bus est plus neuf, sa plaque est 4109 SP 06, question subsidiaire : quelles sont le mois et l'année d'immatriculation ?? Le trajet est assez rapide et 3/4 d'heure plus tard, nous arrivons à la gare routière nord de la ville, pour la modique somme de 104 roupies mauricienne soit 2€60 pour nous 4. Nous nous dirigeons vers le marché, grands étals de bouchers, fruits et légumes très bien agencés et beaucoup de monde. Le bazar est un peu plus loin, beaucoup de boutiques de souvenirs et des vendeurs très entreprenants qui tentent tous leur chance, les uns après les autres et c'est rapidement lassant. Nous remontons l'avenue de l'Indépendance, plein de statues d'hommes célèbres. Mahé de la Bourdonnais, malouin et qui a mis en valeur l'île pour la compagnie des Indes, a droit à sa statue en pied. Nous continuons par un superbe parc, avec d'immenses banians ainsi qu'un baobab.

Nous déjeunons au bord du port, non loin d'un grand centre commercial ultramoderne. L'on y trouve toutes les boutiques à la mode, d'ailleurs les saris ont disparus et l'habillement est typiquement moderne. Nous en profitons pour goûter un succulent jus de cannes à sucre. Après quelques emplettes et notamment l'achat de Tintin en langue créole mauricien, nous rentrons vers la gare routière. Plus de 10 kilomètres à pied dans la ville et dire que certains pensent que ce sont des vacances !!! Nous reprenons le bus pour Flic en Flac, la conduite est toujours aussi sportive. Dans les champs de cannes à sucre, les machines coupent, puis déposent les cannes dans des containers. Un palmier, tout seul, nous intriguent, en fait, il s'agit d'un relais téléphonique,  parfaitement camouflé dans le paysage. Un bon bain dans la piscine et le soleil commence déjà à décliner à l'horizon. Demain, nous irons plonger en masque et tuba pour voir les coraux à proximité du bord.

 

 

Mardi 19 octobre

Flic en Flac : 3 Kms

 

Nous avons du sommeil en retard, excellente nuit et dés 9h30, nous partons pour le bord de l'Océan Indien. Bon, c'est comme dans les cartes postales, Blanc, Vert, Jaune, Noir, Bleu, Rouge, le sable fin, les cocotiers, les filaos, les serviettes, les masques, les tubas, les coraux, les poissons, les oursins, les bateaux, les parasols, les banquettes, le camion du glacier, le camion snack, les touristes, les colliers, les tongs, le bitume, la piscine, Jackie, bref, une journée de repos pleine de coups de soleil. Demain, nous allons en taxi, visiter le centre de l'île.

 

 

Mercredi 20 octobre

Visite du centre de l'île : 113 Kms

 

Comme d'habitude maintenant, bonne nuit et à l'heure dite, Benoît, notre chauffeur de taxi guide, vient nous prendre à la villa. Direction Curepipe, pour la visite d'une fabrique de maquette de bateaux. Cet artisanat vit le jour vers la fin des années 1960. Nous visitons l’atelier ou tout est réalisé à la main et sans plastique. Les maquettes dans la boutique sont toutes plus belles les unes que les autres et un amateur doit y trouver son bonheur entre les reconstitutions minutieuses de frégates anciennes et la série des Penn Duick. Puis, nous poursuivons vers le trou aux cerfs, un beau cratère aux formes parfaites, de 100 mètres de profondeur et de 80 mètres de diamètre. Belle vue sur cette crevasse ou la végétation a repris le dessus, ainsi que le beau panorama sur une grande partie de l’île. Comme prévu, le temps y est un peu humide, mais cela ne dure pas. Nous poursuivons en direction de Grand Bassin, ou Tanga Talao, mot qui signifie « Le Lac du Gange » Pour les hindous, qui représentent la majorité de la population de l’île, ce lieu est le plus sacré pour les croyants. Ce grand bassin est un lac naturel qui remplit l’emplacement d’un ancien volcan. Selon la croyance, 12 dieux Shiva se sont déjà manifestés en Inde, le treizième s’est illustré, ici, d’ou la construction du temple en 1989. On arrive le long d’une grande avenue, jusqu’à une imposante statue de Shiva, qui domine le paysage. La grande fête de Maha Shivaratree, en février, attire plus de 500.000 pèlerins chaque année. Les temples sont ouverts aux touristes et certains d’entre eux se font apposer sur le front une grande marque rouge par un officiant hindou du temple. Nous reprenons la route du Thé et passons au milieu des plantations, des femmes sont en pleine cueillette, elles touchent 60 roupies (1€50) pour 10 kilos de feuilles ramassées en une demie journée. Dur labeur, et nous arrivons à l’usine de fabrication et de conditionnement du Thé. Nous suivons toute la filière, de l’arrivée, au séchage, au découpage, au criblage, à la mise en paquets ou en sachets. L’odeur est prenante et il faut aimer le Thé. Nous parcourons le superbe domaine pour aller à la dégustation et à la boutique. Nous continuons par les chutes Alexandra et une allée de papyrus que nous fait découvrir Benoît. Nous déjeunons ensuite dans un excellent restaurant de carry de poulet, de cerf et de crevettes.

Reprise de la route, pour Chamarel et les terres de couleurs. Tout d’abord, la superbe cascade Saint Denis, haute d’une centaine de mètres, qui plonge au cœur d’une végétation dense et somptueuse. Les terres de couleurs sont une sorte de grande clairière bombée et dénudée qui ondule et présente 7 variations de couleurs, oscillant de l’ocre au marron, du rouge au violacé. La raison de  ces variations chromatiques est la présence de cendres volcaniques qui contiennent des oxydes  minéraux de couleurs différentes. Une fois mélangées elles finissent toujours par se séparer. Nous attendons patiemment un rayon de soleil pour admirer ce paysage étonnant. A coté, de grosses tortues terrestres se prélassent en mâchonnant des herbes. Nous continuons en passant par Tamarin, en pleine évolution, en raison des constructions en cours et à venir. Et retour à notre villa, nous remercions vivement Benoît, pour toutes ces découvertes et lui donnons rendez-vous pour vendredi. Avec RV, je profite d’un beau coucher de soleil, qui illumine même les lanternes de la plage. Demain, nous retournerons à 4 Bornes.

 

Jeudi 21 octobre

4 Bornes : 39 Kms

Donc, ce matin, direction 4 Bornes par le bus local, beaucoup plus calme que d'habitude. En fait, l'explication de la vitesse des bus est due à la concurrence que se font les différentes compagnies de transport. Le but étant d'arriver le premier à la station de bus pour prendre un maximum de passagers. Et nous roulons calmement, car le conducteur attend l'heure de la sortie des cours du collège de Bambous pour faire monter les élèves.  Puis arrivés à 4 Bornes, Jean et Hélène ne sont pas encore à leur hôtel, nous leur laissons un petit mot. Nous allons manger dans un restaurant et déjeunons d'excellentes viandes. A 14 heures, nous retrouvons Jean et Hélène qui nous racontent leur séjour sur l'île Rodrigues, toute proche. Puis, nous allons faire quelques courses au supermarché et rentrons par le bus à Flic en Flac. Nange profite du coucher de soleil et de la superbe pleine lune pour faire quelques photos. Le Grand Raid de la Réunion part, ce soir, vers 22 heures pour quelques 200 kilomètres de trekking à travers l’île. Une petite pensée pour tous ceux qui vont se donner à fond pour parvenir à rejoindre St Denis. Demain, nous poursuivons avec Benoît, notre découverte de l’île.

 

Vendredi 22 octobre

Cap Malheureux : 141 Kms

Anniversaire de Kentyn

A 9h, Benoît arrive à l'heure, pour la visite du nord de l'île et nous reprenons la route, direction Port Louis, beaucoup de circulation. Nous visitons sur les hauteurs de la capitale, le site de Marie Reine de la Paix, une belle statue domine la ville. Le pape Jean-Paul II y a célébré une messe en 1989, devant plus de 500.00 fidèles. Puis, nous grimpons vers la citadelle, également appelée Fort Adélaïde. Surplombant, la ville de sa masse noirâtre, on la doit aux anglais. Elle offre un superbe panorama sur la capitale, ainsi que sur le cirque des collines acérées qui la ceinturent. L'intérieur accueille des concerts et des boutiques installées dans l'ancien corps de garde. Du haut des remparts, on aperçoit parfaitement l'hippodrome, ancien terrain de manœuvres au temps des Français, il accueille les courses hippiques en week-end et les joggeurs en semaine. Nous poursuivons sur l'autoroute qui mène vers le nord, pour le jardin de Pamplemousses. Celui-ci s'organise sur 37 hectares et propose quelques merveilles de la création. En tout, 600 espèces, parmi lesquelles 80 variétés de palmiers. C'est encore à Mahé de la Bourdonnais, gouverneur français, de ce qui s'appelait alors l'île de France, qu'on doit la création de l'un des plus beaux jardins botaniques du monde.

Nous arrivons devant la superbe grille en fer forgée de la porte d'entrée, et prenons un guide pour la visite. Celui-ci connait par cœur toutes les blagues Carambar. De grandes chauves-souris de type roussettes sont accrochées aux cimes des arbres. Nous découvrons tout le long du parcours, des centaines d'essences bizarres, comme l'encrier, dont la sève, qui suinte sur l'écorce donne l'encre de Chine, ou l'arbre aux 4 épices qui donne 4 senteurs : clou de girofle, poivre, cannelle et muscade, le palmier citron qui a six troncs, hi, hi ! Nous déambulons au milieu des palmiers blancs, des ruisseaux et bassins aquatiques. Le bassin des nénuphars est ensoleillé et cette superbe plante qui ressemble à un immense moule à tartes, lisse sur la surface. A la beauté de la plante s'ajoute la fragilité. Sa fleur éclot deux jours de suite, à la tombée de la nuit, et passe doucement du blanc, le matin au rose l'après-midi avant de s'éteindre en mauve le lendemain matin. Un bassin est rempli de gros poissons qui se régalent des miettes de pain données par les visiteurs. Les poules d'eau profitent également de cette aubaine. Nous terminons par le parc aux tortues, qui sont énormes et superbes. Non loin, un parc avec des daims de Java. Nous reprenons la route pour le Cap Malheureux. Son nom viendrait d'un cap rocheux et dangereux qui provoqua, par le passé, le naufrage de nombreux navires. C'est aussi, ici, que la flotte  anglaise débarqua, le 06 novembre 1810, pour prendre définitivement le contrôle de l'île. L'eau offre ici des couleurs exceptionnelles, des dégradés de vert, turquoise et bleu. Benoît nous emmène ensuite à Grand Baie, qui porte bien son nom. La baie est longue, très fermée sur elle même, ses eaux sont calmes et lumineuses, ce qui en fait un port de plaisance paisible et très prisé des voiliers qui se baladent dans l'Océan Indien.

Nous profitons d'une roulotte pour déjeuner sur un banc face à la baie de mine frit au poulet et des pâtes. Reprise de la route, vers la belle plage de Mont Choisy, grande, sous les filaos, vraiment la carte postale. Nous rentrons ensuite par la route de montagne, afin d'éviter les embouteillages de Port Louis. La route traverse un paysage vallonné composé de collines plantées de champs de canne à sucre. Nous passons à coté d'une réserve d'eau douce, le lac de la Nicoliére, et traversons des paysages boisés. On y trouve des pins de Chine, ainsi que des papyrus. Nous longeons le pic du Pouce et redescendons vers Rose Hill, ou le gouvernement Indien a sponsorisé la construction d’un Cyber centre informatique. Et retour vers Flic en Flac. Nous nous reposons un petit instant avant de ressortir, boire un Ti Punch et manger une pizza. Demain, grasse matinée, c’est une journée de repos.

 

 

Samedi 23 octobre

Flic en Flac : 10 Kms

 

Tout d'abord, un grand MERCI à tous, pour les 140 pages vues avant-hier.

Aujourd'hui, journée de repos, donc, piscine, puis, repas au bord de l'Océan et balade dans la galerie marchande. Courses au supermarché et passage à la banque. Retour à la villa et piscine. Pas une photo pour aujourd'hui. Demain, nous irons en bateau rapide voir l'île aux bénitiers.

 

Dimanche 24 octobre

Île aux Bénitiers : 39 Kms

 

8h30, nous quittons la villa pour rejoindre Benoît et Dorine, son épouse. Ils nous accompagnent jusqu'à la plage ou nous attend le bateau à fond de verre. Nous embarquons avec 2 familles et leurs 5 enfants. Nous sommes assis face à face et le milieu du bateau à 4 grands hublots dirigés vers le fond. Nous quittons le rivage et longeons la plage où de nombreuses familles mauriciennes sont déjà installées pour la journée du dimanche. Nous traversons la passe et longeons la barrière de corail, quelques poissons et du corail multicolore se laissent admirer dans les hublots. Nous arrivons au bout de la barrière de corail et nous rejoignons une dizaine d'autres bateaux qui suivent une dizaine de dauphins. Ceux-ci plongent et toutes les personnes scrutent  les flots en attendant leur retour en surface. A leur retour, les bateaux foncent vers eux, certains se jettent à l'eau pour les approcher au plus prés. Mais, comme cela fait replonger les dauphins, ils se font copieusement siffler. Nous quittons la zone et rejoignons un îlot de corail, star des cartes postales mauriciennes. Très sollicité, il est entouré de navires de toutes provenances. Nous attendons avant de pouvoir le photographier, seul.

Puis, direction la plage toute proche de l'île aux bénitiers. C'est le lieu de rencontre de tous les bateaux vus auparavant. Chaque arpent est utilisé, surtout que nous sommes à marée haute et que la plage est réduite à son minimum. Les 2 matelots installent en un tour de main, table, tabourets, tau et lancent le barbecue. Nous nous baignons et passons à table. Chips, salade, poissons et poulets grillés et nous terminons par une banane flambée à la noix de coco. Un petit rhum local vient conclure cet excellent repas. Nous réembarquons pour nous arrêter sur le chemin du retour, à coté de la barrière de corail. Les fonds sont superbes, mais il faut descendre en apnée à 7 à 8 mètres de profondeur pour se retrouver dans un véritable aquarium. Toutes les variétés de poissons sont là. Les couleurs sont superbes. Nous terminons notre journée en rentrant à bon port. Un tantinet fatigués, nous rentrons à la villa. Demain, nous poursuivons notre découverte de l'île, avec notre chauffeur guide, Benoît.

 

Lundi 25 octobre

Visite du sud de l'île Maurice : 170 Kms

 

Départ dés 9 heures dans la Toyota de Benoît, d'ailleurs, pourriez vous me dire quelle est la particularité de son tableau de bord ? Direction Mahebourg, au sud est de l'île. Nous traversons le centre par l'autoroute et nous avons droit à un bel orage. Mais en parvenant sur la côte, le ciel bleu et le soleil reviennent. Nous nous arrêtons à Blue Bay, la petite baie est très fermée et elle a en son centre une couleur très belle et très lumineuse, car la profondeur y est de 25 mètres. Tout autour des dizaines de coraux différents encore vivants, tous plus beaux les uns que les autres. Protégés depuis 9 ans, la zone est la troisième plus belle du monde pour ces coraux et sa faune. Nous prenons un bateau à fond de verre et nous visitons dans un premier temps tout le site à vitesse réduite. Les couleurs sont superbes, les petites pousses bleutées mettent une année par centimètre. Nous voyons des « cerveau de Venus », des formes de cervelle toutes blanches, les plus grandes au monde. Nous terminons par nous mettre sur une bouée et avec RV, nous plongeons dans le grand bleu. Des myriades de poissons multicolores se groupent autour de nous, attendant la mie de pain que nous avons prise avec nous. et c’est avec frénésie, qu’ils se précipitent sur le pain. Nous descendons à 5 à 6 mètres et nous sommes dans un remarquable aquarium. Toutes les variétés de poissons coralliens sont là. Balistes, poissons trompettes, anges, etc.. Nous sommes dans un film de Cousteau.

Nous quittons cet enchantement, heureux d’avoir pu admirer ce site unique. Nous reprenons la route pour la Vanille ou la réserve des Mascareignes. C’est un parc ou l’on élève des crocodiles du Nil, pour leur peau et leur chair. Les spécimens les plus grands sont dans des bassins, attendant leur nourriture à base de 15 kilos de poulets, une fois par semaine, seulement. Les œufs recueillis sont mis en couveuse, à leur naissance, ils sont élevés jusqu’à l’âge de 5/6 ans, avant de finir à l’abattoir, puis la peau en sacs et la chair est dégustée, notamment, dans le restaurant, situé au milieu du parc. Mais, il y a également plein d’autres animaux. Des tortues géantes d’Aldabra des Seychelles sont regroupées dans un parc, nous évoluons au milieu d’entre elles. La plus ancienne est âgée de 98 ans. Comme elles mugissent, je les imite et aussitôt, elles prennent leurs pattes à leur cou et se dispersent dans l’enclos. Nous continuons, par des nurseries de tortues de toutes provenances. Un petit musée nous permet de voir un Dodo reconstitué. L’animal, symbole de Maurice, a disparu depuis l’an 1681. Il a été mangé jusqu’au dernier par les occupants de l’île d’alors. Nous continuons en voyant des iguanes, des poissons du Japon, les premiers crocodiles, qui ont été introduit en 1984, en provenance de Madagascar, un caïman du Brésil, des roussettes frugivores, des mangoustes, des crapauds buffles. Nous terminons par un extraordinaire insectarium, regroupant plus de 20.000 insectes et papillons de Jacques Siedlecki, qui a mis 30 ans pour réunir ces pièces uniques au monde. Nous ne souhaitons pas goûter aux crocodiles et reprenons notre voiture pour Souillac, qui tient son nom de François de Souillac, gouverneur de l’île à la fin du XVIII° siècle. Nous déjeunons prés d’un ancien entrepôt, sous un amandier géant. Puis, nous poursuivons vers Gris-gris, un lieu-dit qui domine les flots dangereux et la plage. Les flots s’écrasent sur un gros rocher noir.

Nous continuons vers le Morne Brabant par une belle route qui longe la côte, tantôt sauvage et caillouteuse, tantôt avec du gazon qui vient mourir jusqu’ au bord de l’eau translucide. Le site du Morne est superbe, péninsule paradisiaque, sorte de pain de sucre qui dresse ces parois abruptes à 245 mètres d’altitude. Il est entouré par un bandeau des plages, les plus somptueuses de l’île, malheureusement, squattées par une myriade d’hôtels. C’est au sommet du Morne, que les esclaves noirs marrons venaient se réfugier, après avoir échappés à leur maître.  En 1834, alors que des soldats venaient leur annoncer la bonne nouvelle de l’abolition de l’esclavage, ils prirent peur, craignant de se faire reprendre, ils choisirent de se jeter dans la mer du haut de la falaise. Tragique méprise. Nous rentrons par la route du littoral jusqu’à Flic en Flac. Quelques courses pour remplir le frigidaire et nous nous reposons devant la télévision. Demain, nous irons avec Dorine, visiter l’usine du sucre et le parc de Casella dans les environs.

 

 

Mardi 26 Octobre

Medine Sugar Estate – Casela Park : 6 Kms

Nuit de plomb, nous avons vraiment besoin de nous reposer. 10 heures, Dorine vient nous prendre à bord d’un Toyota Picnic, véhicule idéal pour les familles mauriciennes. Elle nous conduit à l’usine de traitement de la canne à sucre, Medine Sugar Estate. Michel, le guide de 70 ans et qui a travaillé à l’usine jusqu’à sa retraite à 60 ans, connait le sujet sur le bout des doigts. Nous coiffons de superbes casques de sécurité blancs et la visite de tout ce que vous vouliez savoir sur la transformation de la canne à sucre sans oser le demander.

L’usine fonctionne 24/24 de juin à décembre, période de la coupe de la canne. Celle-ci met une année en plein champ pour grandir et atteindre sa maturité. Par jour, il faut entre 400.000 et 500.000 tonnes de canne pour faire tourner les moulins. Les remorques qui arrivent des champs pèsent entre 35 et 40 tonnes. Elles sont carottées afin de connaitre la qualité de la canne et sa teneur en sucre. Il y a 2 sortes de cannes, celles coupées à la machine et qui arrivent en petits morceaux et celles coupées à la main qui sont entières et qui sont utilisées pour le fonctionnement de nuit, car la coupe avec la machine s’arrête vers 22 heures. Tout d’abord, les cannes passent dans des rouleaux pour les défibrer, puis elles pénètrent dans l’usine sur des tapis roulants. Un énorme électro-aimant récupère tout ce qui est métallique et qui traîne dans la récolte. Puis 6 moulins à pression, actionnés par de la vapeur, compressent par écrasements successifs, les cannes. A chaque passage, de l’eau chaude est rajoutée pour réhydrater les fibres qui terminent en bagasse. On considère qu'une tonne de canne produit environ 300 kg de bagasse qui sont utilisés pour produire de la vapeur et faire tourner l’usine, qui est autonome en énergie car les turbines à vapeur font également tourner des génératrices électriques. Le reste de la bagasse retourne dans les champs comme engrais naturel. Le jus de canne, lui, poursuit sa transformation dans des cuves ou il reçoit tour à tour, du lait de chaux, du souffre, un fixateur et de l’acide phosphorique. Après cela, vous ne regarderez plus votre petit morceau de sucre de la même manière. Puis, la mélasse liquide obtenue est chauffée pour se cristalliser.  Un dernier passage dans une centrifugeuse et le sucre en cristaux est obtenu, il est séché dans un rouleau avant de terminer dans des camions, en direction de Port Louis pour y être raffiné et expédié par bateau dans le monde. Et le jus dans tout cela ? Et bien, il est envoyé à la distillerie ou en passant dans 3 alambics successifs, il va passer de 50° à 96° d’alcool pour produire le rhum agricole .La vinasse retourne en épandage sur les champs de canne. La canne à sucre, c'est comme le cochon, tout est bon et rien n'est jeté. 2 heures d’une visite passionnante.

Nous retrouvons Dorine et poursuivons vers le Casela Nature Park. C’est un agréable et vaste parc regroupant une centaine de volières, plus de 2000 oiseaux, 140 espèces et quelques dizaines de mammifères. Nous déjeunons dans le très beau restaurant et après un petit tour sur le point de vue, nous prenons un bus ouvert pour un petit safari dans l’immense Yémen Park. Des émeus, des centaines de pintades, des sangliers, des autruches qui se précipitent pour avoir de la nourriture distribuée par le conducteur. Nous nous arrêtons prés d’un couple d’autruches, la femelle est en train de couver plusieurs œufs et un autruchon est même né tout récemment. Le conducteur le récupère pour le mettre au retour dans une couveuse. Une heure de promenade au milieu des zèbres, des impalas, des élans et cerfs. Au retour, nous faisons le tour des bassins où canards, cygnes, poules d’eau et flamants roses vivent en liberté. Un tigre fait la sieste sous un arbre, tranquillement. Des paons font la roue, au milieu de la piste. Des faisans dorés se masquent le bec pour leur parade nuptiale, sans grand succès, d’ailleurs. Des inséparables de toutes provenances font un bruit extraordinaire. Nous terminons notre tour au bout de 4 heures. Benoît vient nous chercher et nous rentrons sur Flic en Flac. Au retour, nous décidons d’annuler la sortie de demain, pour nous reposer un peu avant notre retour en métropole.

 

 

Mercredi 27 octobre

Flic en Flac : 6 Kms

 

Excellente nuit. Vers 9h30, nous partons pour le littoral, afin de profiter de cette journée au bord de l'eau. A notre arrivée, nous observons un O.F.N.I. (Objet Flottant Non Identifié), ce n’est pas facile de faire de la plongée en burka. Le vent a changé de sens et vient maintenant du Nord. J’en profite pour faire voler mon petit cerf-volant. Mais le vent devient de plus en plus fort. Nous rentrons au bord de la piscine qui est protégée. Déjeuner sur la terrasse et sieste. Puis, petit tour au bord du bassin, avant de faire, de nouveau, un tour sur le bord de plage. Le vent est toujours aussi violent. 2 kit surfeurs en profitent pour s’éclater. Retour par les boutiques. Ce soir, repas chinois. Et comme la journée s’est bien passée, nous allons faire la même, demain.

 

 

Jeudi 28 octobre

Flic en Flac : 14 Kms

 

Aujourd'hui, rien ne va plus, le temps est couvert et frais. J'ai attrapé un bon rhume et je n'arrête pas d’éternuer et le disque dur de mon ordinateur portable s'est planté et a décidé de partir en vacances. Donc, plus d'ordinateur. Pour couronner le tout, les prévisions météo sont exécrables pour le week-end sur Draguignan. Pluies et orages. Donc, tout va bien. Je vais bien, tout va bien, je suis gai, tout me plait !! En fin d’après-midi, nous allons manger une petite glace au bord du littoral, puis nous remontons à pied le bord de la plage jusqu’à une petite plage d’où nous attendons notre dernier superbe coucher de soleil. Ce soir, diner à la villa. Demain, nous préparons les valises et quittons la maison pour 14 heures en direction de l’aéroport de Plaisance. Nous décollons pour Marseille, avec un transit à Saint Denis de La Réunion.

Prochain billet depuis Draguignan pour la conclusion de cette très belle aventure

 

 

Vendredi 29 octobre

Flic en Flac – Aéroports de Maurice : 50 Kms - la Réunion – Marseille

Excellente nuit, vive le ravintsara, cela guérit du rhume de manière efficace.

 Ce matin, opération valises, il faut essayer de faire tout rentrer dans les bagages.

Et direction le littoral pour une dernière petite promenade en bord de l'océan. Il fait un temps superbe, paysages de cartes postales. Juste pour nous faire regretter de partir. C'est vrai que nous n'avons pas vu passer ces 15 derniers jours. Norbert est venu hier soir nous rendre une petite visite très sympathique. Ici, nous sommes comme à la maison, tout est là, y compris le cercle d'amitié. Retour jusqu'à la villa, et déjeunons tranquillement. Benoît et Dorine nous font la surprise de venir nous saluer et de nous faire un petit présent, sous la forme de sets de table. Puis, nous nous remettons en tenue hivernale, en prévision de notre débarquement, demain matin à Marseille. Tenues un peu anachroniques sous le chaud soleil Mauricien. Benoît vient nous prendre pour 14 heures, direction l'aéroport. Dernier petit billet nostalgique écrit grâce à l'ordinateur mis à disposition par Norbert.

Arrivés à l’aéroport, nous profitons du temps avant le décollage pour faire les boutiques en Duty Free et heureusement, qu’il n’y a pas de taxes pour des whiskys à 1800€. Nous décollons pour St Denis à la tombée de la nuit. Vol très court, tout juste 35 minutes, le temps de se voir servir un verre d’eau et de le boire. Nous passons en zone de transit et patientons avec tous les autres passagers en partance. Nous discutons avec le sosie tant vestimentaire que physique d’Oussama Ben Laden. Assez curieusement, il parle parfaitement français avec l’accent du sud-ouest. Il part pour Tananarive essayer de vendre des hammams portables. Nous embarquons vers 22 heures et décollons avec 30 minutes d’avance en direction de Marseille.

 

 

Samedi 30 octobre

Aéroport Marseille Provence – Draguignan

 

Je me suis endormi au début de Toy Story 3 et réveillé au milieu de l’Italien, un film avec Kad Merad. Puis, somnolence jusqu’à l’atterrissage à 7H 15 avec encore 30 minutes d’avance. Passage au contrôle d’identité, récupération des bagages et nous arrivons à la gare routière au moment du départ de la navette vers la gare de Marseille Saint Charles. Nous sautons dedans et profitons du parcours vers Marseille pour voir un superbe lever de soleil. Arrivée à la gare, nous montons rapidement dans un TER en direction de Toulon où nous patientons 2 heures avant l’arrivée du TGV qui nous mène jusqu’à la gare des Arcs. Christian et Josiane sont là et nous attendent pour nous ramener dans nos maisons respectives.

 

 

Conclusion:

Et bien, voila, c'est terminé pour ces aventures dans l'Océan Indien.

5831 kilomètres parcourus à pied, en chaland, en ULM, en pirogue, en train, en 4x4, en taxi, en bateau sur ces 3 merveilleuses  îles qui ont largement tenu leurs promesses.

2378 pages lues sur le blog, 11747 photos prises, 2 appareils photos et un ordinateur hors-service.

 

UN IMMENSE MERCI

à mon organisatrice préférée qui a, encore une fois, réalisé un voyage sans encombre

à RV & Jackie, fidèles compagnons de voyage,

à tous les lectrices et lecteurs du blog, qui nous ont suivis

à tous ceux qui ont su et ont voulu nous faire découvrir un peu mieux leurs Îles,

Hélène & Jean, Lanto, Norbert, Benoît et Dorine.

Aux milliers d'anonymes qui par leurs conversations, leurs sourires, nous ont permis de connaitre et partager leur quotidien.

Au père PEDRO et à son association pour leur merveilleux travail : http://www.perepedro.com

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Ø              Transports et visites : Benoît & Dorine